"Rouge gagne souvent, Noir quelquefois, mais Blanc gagne toujours."
- François Blanc -

Bonjour,
Aujourd'hui : "Non au hasard !"
Où l’on rencontre les premiers hackers en télécommunications.

 

Nous sommes en 1834, à Bordeaux. Louis et François Blanc, frères jumeaux, sont agents de change en bourse (traders). Ils sont spécialisés dans les rentes de l’État, des bons émis par la France lorsqu’elle emprunte. Rémunérés 3 % chaque année, ce sont des placements très raisonnables... pas du tout indiqués pour qui veut faire fortune !

Place de la Bourse, Bordeaux, vers 1900, carte postale
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Mais les ambitieux frères ne cherchent pas la rente annuelle : ils spéculent. Cotées à la bourse de Paris, ces rentes s'achètent et se revendent pour obtenir des plus-values. Sur une fluctuation de cours favorable, les gains peuvent être rapides et colossaux ! Tout comme les pertes, évidemment…

À l'époque, les cours se transmettent de Paris à Bordeaux en trois jours de cheval. Or il existe des moyens de communication bien plus rapides.

Illustration Économitips
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Informés les premiers du cours des rentes, les frères pourraient miser juste à chaque coup ! Une forme de délit d'initié – profiter d'informations sensibles inconnues des autres investisseurs – mais ce délit n'existe pas encore.

Les Blanc tentent d'abord le pigeon voyageur, sans succès, puis se tournent vers le télégraphe optique.

Pigeons voyageurs, 1904, photo : Wilhelm Kuhnert
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Utilisé uniquement par l'État, c'est un moyen de communication rapide. En revanche, comme les coquilles sont fréquentes, les télégraphistes doivent transmettre l'intégralité des messages sans jamais rien enlever.

Parfait pour les deux frères : ils corrompent un télégraphiste de la ligne Paris-Bordeaux. Dans des messages administratifs, celui-ci insère ce qui passe pour une coquille, mais est en fait un code signalant les hausses et baisses du cours.

Pris au bout de deux ans, les Blanc font un court séjour en prison puis investissent leur pécule dans les jeux de hasard à Paris et en Allemagne.

En haut : Télégraphe Chappe dans le tableau de Jacques Auguste Regnier, Vue de l'église Saint-Pierre de Montmartre à Paris, vers 1820, huile sur toile, collection privée / En bas : Télégraphe Chappe au sommet de la Tour Saint-Michel à Bordeaux dans le tableau d'Ambroise Louis Garneray, Vue de la ville et du pont de Pierre à Bordeaux, vers 1820-1830, Musée d'Aquitaine, Bordeaux. Détail de l'œuvre
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Après la mort de Louis, François s'installe à Monaco. Avec l'appui du prince, il transforme une colline aride en Monte-Carlo, capitale du jeu. Tous les rêveurs qui pensent que la richesse est affaire de chance s'y précipitent. François se garde bien de les détromper, mais il sait que la fortune s'offre à ceux qui domptent le hasard, et non à ceux qui s'y soumettent...

Casino de Monte-Carlo, Monaco, 2021, photo : Diane Picchiottino
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Portrait de François Blanc, 19e siècle, photographie
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" Rouge gagne souvent, Noir quelquefois, mais Blanc gagne toujours. "

- François Blanc -

Iconographiée par Justine Delétang

Illustrée par Aurora Muggianu
Racontée par Benjamin Billiet

Jeu concours : l'avant-première

Quelle chaîne de magasins a fait la fortune des frères Albrecht ?

 

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Coline et Jean

 
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