"Souriez, car vos dents ne sont pas seulement faites pour manger ou pour mordre." Man Ray
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Aujourd'hui : "Prière de détruire"

Où l’on découvre comment se remettre d’une rupture douloureuse.

Man Ray, Objet indestructible (réplique d'Objet à détruire), 1964, métronome et collage de photographie, 22 x 11 x 11 cm, MoMA, New York © Man Ray Trust © ADAGP Paris, 2018
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Objet à détruire. Voici le titre quelque peu agressif d’une œuvre de Man Ray du début des années 1930. L'artiste y détourne un métronome ordinaire en ajoutant, sur le balancier, la photographie d'un œil.

Pour parfaire sa création, l'artiste fournit les instructions nécessaires à sa bonne démolition : "En visant soigneusement avec un marteau, essayer de détruire la chose du premier coup". Pourquoi tant de haine ?

David E. Scherman, Lee Miller en uniforme, 1944, photo : United States Army Signal Corps
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Cet œil, c'est celui de son ex-amante Lee Miller, qui vient tout juste de le quitter pour un autre. On comprend mieux pourquoi Man Ray compte réduire cette œuvre en poussière.

Mais il n’est pas pressé : ce sera "un jour, devant témoins". Pourtant, quelqu’un d’autre va s’en charger…

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En 1957, une galerie parisienne expose plusieurs œuvres du mouvement dada, connu pour se moquer des conventions. Objet à détruire y figure en bonne place.

Soudain, des étudiants de l'École des beaux-arts, très remontés, pénètrent dans la salle. Ils sont révoltés de constater que le mouvement dada, à l’origine si subversif, semble être devenu une banale étiquette commerciale.

Le métronome de Man Ray est violemment fracassé à coups de marteaux par les étudiants : voilà comment Objet à détruire est finalement réduit en miettes !

Man Ray, Objet indestructible (réplique d'Objet à détruire), 1959, métronome et collage de photographie, 22 x 12 x 11 cm, Centre Pompidou, Paris © Man Ray Trust © ADAGP Paris, 2018
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L'histoire ne s'arrête pas là. Quelques jours plus tard, Man Ray se dispute avec son assureur. Il veut se faire dédommager le prix de l’œuvre détruite, mais pour l’assureur, ce n’est qu’un simple métronome qui ne vaut pas grand-chose.
Outré, Man Ray proteste vigoureusement et parvient à se faire rembourser le prix demandé.

Et avec cet argent, l’artiste achète… d’autres métronomes. Il s’en sert pour créer des répliques de l’œuvre disparue. Elles sont totalement identiques, à l’exception du titre, qui devient Objet indestructible !

Man Ray, Le Violon d'Ingres, 1924, photographie, © Man Ray Trust © ADAGP Paris, 2018
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Pour en savoir plus :

Sur Man Ray

Sur dada et le surréalisme

Sur Lee Miller

Pour (re)lire une autre anecdote dada

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Racontée par
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professeur d'histoire de l'art
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