"Il y a des yeux qui reçoivent la lumière et il y a des yeux qui la donnent." Paul Claudel
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Bonjour,

Aujourd'hui : "Aïe ! J'ai mal !"

Où l’on découvre qu’un accident peut servir la médecine.

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1991, USA. C'est la panique dans le laboratoire des physiciens Gérard Mourou et Donna Strickland. Alors qu’il manipulait un tout nouveau laser, un étudiant s’est blessé : le rayon lumineux l’a atteint en plein dans l’œil…

Les physiciens se précipitent donc aux urgences, la boule au ventre : leur étudiant pourrait perdre la vue...

Résultat d’un perçage avec un laser "femtoseconde" sur une feuille d'acier, photo : DR

Pourtant, en l’examinant, l’équipe médicale fait une étonnante et heureuse découverte. Contrairement à ce qu'on aurait pu craindre, le laser a très peu endommagé l’œil. En fait, il y a juste fait un petit trou parfaitement rond.

Eh oui, dans son malheur, l’étudiant a eu de la chance ! Le laser avec lequel il s’est blessé est d’un tout nouveau genre, et bien moins dangereux…

Faisceau laser "classique"
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S’il s’était blessé avec un laser "classique", il aurait pu perdre son œil.

En effet, ce dernier émet de la lumière dite "cohérente". Cela signifie que toutes les particules de lumière (les photons) se déplacent de la même façon, dans une même direction. Le faisceau de lumière est donc très intense !

Faisceau laser "femtoseconde"
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Mais le laser développé par Mourou et Strickland est un peu particulier : c’est un laser "femtoseconde". Contrairement au laser classique dont le rayonnement est continu, ce nouveau laser produit des flashs très brefs de lumière qu'on appelle "impulsions ultra-courtes".

Comparaison d'impact d'un laser classique et d'un laser "femtoseconde" sur une surface
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L'avantage, c'est qu'avec une impulsion aussi courte, l'énergie émise par le laser n'a pas le temps de se propager dans les tissus et d'y faire des dégâts, et ce même si le rayon est très intense...

Qui plus est, on peut localiser très précisément son point d'impact. Et ça, c'est bien pratique !

À gauche : Gérard Mourou, 2015, photo : Jérémy Barande. À droite : Donna Strickland, 2012, photo : Laurence L. Levin
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Ces lasers femtosecondes ont en effet permis de soigner de nombreux problèmes de vue (tel que la myopie). Une application dont bénéficient environ 150 000 personnes chaque année en France.

Mourou et Strickland, quant à eux, ont reçu le prix Nobel de physique 2018. Leur étudiant, on l’imagine, fait désormais très attention quand il manipule des lasers !

Regarder une opération chirurgicale de la myopie (vidéo)

Pour en savoir plus :

Sur Gérard Mourou, le prix Nobel de physique 2018

Sur Donna Strickland, la prix Nobel de physique 2018

Sur les lasers femtosecondes et leurs applications

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