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Bonjour,Aujourd'hui : "Dans les bras de Morphée"Où l'on découvre un apothicaire qui ne fait pas dans la demi-mesure.
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Julius Giere, Friedrich Sertürner,1830-1840, lithographie Voir en grand
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1815, Einbeck (Allemagne). À l’arrière de son échoppe d’apothicaire, Friedrich Sertürner réalise une expérience… sur lui-même. Il vient d’avaler une étrange substance cristalline, et s’apprête à noter ses effets. Ces derniers ne se font d’ailleurs pas attendre. Entre nausées, palpitations et vertiges, il ne se sent vraiment pas bien.
Cela n’a rien d’étonnant : il est en train de faire une overdose d’opium ! De toute évidence, le dosage est un peu trop fort... Mais pourquoi le jeune apothicaire a-t-il tenté une telle expérience ? |
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Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé, Papaver somniferum, publié dans Flore d'Allemagne, d'Autriche et de Suisse, 1885, Gera Voir en grand
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C’est très simple : il veut isoler le principe actif de l’opium, une drogue utilisée depuis l’Antiquité comme calmant et antidouleur. Si son usage est très largement répandu, elle possède un inconvénient majeur : ses effets varient beaucoup d’un mélange à l’autre.
On en connait même la raison. L’opium est extrait d'une plante, le pavot somnifère. Or, tous les pieds n’en contiennent pas la même quantité. Aussi, quand les plantes sont ramassées et traitées, certains lots sont plus "dosés" que d’autres. |
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Flacon contenant des capsules de pavot somnifère séchées, photo : Maša Sinreih Voir en grand
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Mais cela n’arrange pas notre apothicaire. Il n’a aucun moyen de savoir si un lot sera sans effet ou s’il provoquera une overdose. Une fois remis de sa petite expérience, Sertürner décide donc de remonter à la source.
S’il arrive à isoler la molécule responsable des effets recherchés, il pourra l’administrer directement, et adieu le casse-tête ! |
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En haut : Structure de la morphine. En bas : rendu 3D d'une molécule de morphine Voir en grand
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Au bout d’un long processus de fabrication (57 étapes, tout de même), il finit par obtenir un cristal transparent. Après quelques essais, sur des rats et des chiens errants, Sertürner en est sûr : il a trouvé sa molécule miracle ! Il lui donne le nom de "morphium", morphine, en référence à Morphée, le dieu grec chargé d’endormir les mortels.
La saga de la morphine ne fait alors que commencer. Aujourd’hui encore, elle est l’une des molécules les plus utilisées dans le traitement de la douleur. Alors on peut dire : merci Sertürner ! |
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Morphine : la révolution contre la douleur (Vidéo Allodocteurs)
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Racontée par Estelle Rünneburger
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| Jeu Concours : L'avant-première
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| De quel film est tirée cette image ?
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Morphée avait versé sur lui tous ses pavots.
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Proverbe
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