"Tu es belle, ô Vénus d’Arles, à faire devenir fou" Théodore Aubanel
Artips
Conseillez Artips
à vos amis
Artips
Bonjour,

Aujourd'hui : "Pas de bras…"

Où l’on doit faire son choix entre deux déesses.

Théâtre antique, construit à la fin du Ier siècle avant J.-C., Arles, photo : Carole Raddato
Voir en grand

Arles, 1651. Ce jour-là, dans le théâtre antique de la ville, le spectacle n’est pas sur la scène mais en-dessous. Des fouilles archéologiques viennent de mettre au jour une magnifique statue antique de femme.

La sculpture, retrouvée en trois fragments, est bien vite remise sur pied. Malgré les efforts des chercheurs, ses bras ne seront pas retrouvés…

Moulage de la Vénus d’Arles, d’après la copie faite par Jean Péru, vers 1651, plâtre, Musée de l’Arles antique, Arles
Voir en grand

Si, de nos jours, cela n’empêche pas une sculpture antique d’être admirée, il n’en est pas de même à l’époque. La statue est considérée comme incomplète : il faut la "restaurer", ce qui signifie alors la compléter.

Mais un petit problème se pose : sans bras, il est impossible de savoir ce que tenait la statue. Or, ce sont ces objets, des attributs, qui permettraient de connaître son identité.

À gauche : François de Rebattu, Diane, extrait de La Diane et le Jupiter d’Arles, 1656. À droite : Claude François Terrin, Vénus, extrait de La Vénus et l'obélisque d'Arles, 1680, Bibliothèque nationale de France, Paris
Voir en grand

Pour les Arlésiens, il s’agit bien sûr de Diane, la déesse de la chasse. Les artistes et intellectuels de la cour, quant à eux, y voient plutôt Vénus, la déesse de l’amour. Comment choisir ?

C’est Louis XIV qui tranche l’épineux débat : après avoir consulté son entourage, son choix se porte sur Vénus.

Aphrodite dite Vénus d'Arles, fin du Ier siècle av. J.-C., restaurée vers 1683 par François Girardon, marbre, 194 cm, Musée du Louvre, Paris
Voir en grand

Séduit par la déesse, le souverain se la fait offrir par la ville d’Arles pour orner la Galerie des Glaces de Versailles.

Ne reste plus qu’à lui donner des bras. La "restauration" est confiée au grand sculpteur François Girardon. Il choisit de faire tenir à la statue une pomme et un manche de miroir, deux objets associés à Vénus.
Voilà la belle inconnue devenue déesse de l’amour pour l’éternité !

Aphrodite dite Vénus d'Arles, fin du Ier siècle av. J.-C., restaurée vers 1683 par François Girardon, marbre, 194 cm, Musée du Louvre, Paris, photo : Marie-Lan Nguyen
Voir en grand

Pour en savoir plus :

Sur l’œuvre

Sur François Girardon

Sur la restauration des sculptures

Pour recommander cet Artips :

Racontée par
Chérifa Lehtihet
Validée par Gérard Marié,
professeur d'histoire de l'art
Sciences Po Paris
Jeu Concours : L'avant-première
Qui est cet artiste ?
Jouer
Envie d'une anecdote musicale chaque samedi ?
M'inscrire en un clic
Envie de recevoir un livret collector par courrier chaque mois ?
Découvrir nos petits courriers
Tu es belle, ô Vénus d’Arles, à faire devenir fou
Théodore Aubanel
En un clic, dites-nous :
si c'était mieux que d'habitude...
...aussi bien
...ou moins bien
Retrouvez-nous sur notre site www.artips.fr
S'inscrire à Artips
Des conseils, des idées, des critiques ?
Contactez-nous sur colineetjean@artips.eu ou au 0972586775
Coline et Jean
Copyright © 2018 Artly Production, Tous droits réservés.
Adresse :
Artly Production
44 rue Richer
75009 PARIS