"Une dette en amène une autre."
- Proverbe français -

Bonjour,
Aujourd'hui : "Remboursez ! Remboursez !"
Où l’on apprend à faire disparaître ses problèmes.

 

30 septembre 1797, Paris. Des cris d’indignation résonnent dans l’église Notre-Dame-des-Victoires, et des hommes en sortent à grands pas, furieux. Quel évènement a bien pu briser le silence des lieux ?

Illustration Économitips
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En réalité, cette église a perdu son calme depuis bien longtemps. À l’époque, les années de troubles révolutionnaires et de guerres ont mis les finances de la France au plus mal.

Pour faire face aux dépenses, l’État réquisitionne les biens du clergé et les vend. L’église Notre-Dame-des-Victoires, confisquée, abrite un temps la Loterie nationale puis devient le siège de… la Bourse !

Église Notre-Dame-des-Victoires, édifiée en 1629, Paris, photo : Mbzt
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Et ce jour-là, le lieu accueille un invité de marque : le ministre des Finances Dominique Ramel en personne. L’État a récemment emprunté auprès des investisseurs, et le ministre vient leur annoncer une mauvaise nouvelle.

La situation financière du pays ne s’améliorant pas, il explique tout simplement que l’État ne remboursera qu’un tiers de ce qu’il doit : il annule donc les deux tiers de sa dette et fait fermer la bourse pour un temps !

Jacques-Louis David, Dominique-Vincent Ramel-Nogaret, 1820, huile sur toile, 49 x 46 cm, Collection privée
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Au départ, la décision de Ramel, accompagnée d’une réforme des impôts, porte ses fruits et les finances de la France se rééquilibrent peu à peu.

L’ennui, c’est que durant les quinze années suivantes, la confiance est brisée : plus personne ne veut prêter de l’argent au pays de peur de ne pas être remboursé.

Entre autres réformes, Le ministre Ramel rétablit l'octroi, taxe sur les marchandises perçue aux entrées de Paris au mur des Fermiers généraux. Carte de Paris, 1859, en bleu : le mur des Fermiers généraux, en rouge : les fortifications de Thiers, photo : J.M. Schomburg, ThePromenader
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Depuis, l’État semble avoir retenu la leçon : l'annonce de Ramel, restée dans l’Histoire de France comme la "banqueroute des deux tiers", fut la dernière à ce jour.

Depuis, le pays a toujours honoré ses dettes, quitte à réemprunter pour rembourser. Quant à l’église Notre-Dame-des-Victoires, elle a retrouvé, cinq ans après, sa fonction religieuse… et son calme !

Le chœur de l'église Notre-Dame-des-Victoires, avec les sept tableaux de Carle van Loo, édifiée en 1629, Paris, photo : Mbzt
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Une vidéo pédagogique de la Banque de France sur la dette publique française

" Une dette en amène une autre. "

- Proverbe français -

Racontée par Angèle Chapoullié

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