"Le comble de la ressemblance : pouvoir se faire la barbe devant son portrait." Alphonse Allais Bonjour, Paris, musée du Louvre. Au détour d'une salle d'exposition, un minuscule objet retient l'attention des visiteurs les plus observateurs. Mais ne vous fiez pas à son apparence modeste : ce tout petit médaillon est en réalité une merveille de l'histoire de l'art français… Musée du Louvre, Paris, photo : Michael Fousert Pour comprendre son importance, il faut l'examiner de plus près. Le médaillon est en cuivre recouvert d'émail, une technique à base de poudre de verre fondue. Puis, à l'aide d'une aiguille, la couche d'émail bleu sombre a été grattée pour dessiner un portrait doré très réaliste. Mais qui est donc cet homme ? Jean Fouquet, Autoportrait, vers 1452-1455, médaillon, émail sur cuivre, 7,5 cm de diamètre, Musée du Louvre, Paris À l'époque, aucun artiste français n'avait encore osé réaliser son autoportrait ! Car si les plus audacieux avaient déjà immortalisé leurs traits, c'était sous la forme d’un détail perdu dans la composition, mais jamais comme l'unique sujet d'une œuvre. ![]() Détail de l'œuvre En effet, les peintres de cette époque restent considérés comme des artisans : leurs noms, pour la plupart, ne passent pas à la postérité, et encore moins leur visage. Mais Fouquet ne l'entend pas de cette oreille. Quand le trésorier du roi lui passe commande d’un tableau en deux parties, appelé diptyque, il saute sur l'occasion. Jean Fouquet, Diptyque de Melun, vers 1452-1458, huile sur bois,120 x 224 cm (93 x 85 cm et 94,5 x 85,5 cm), Gemäldegalerie, Berlin et Musée royal des Beaux Arts, Anvers En plus de l'œuvre commandée, il imagine un cadre orné de médaillons émaillés. Et sur l’un d'eux, pour bien revendiquer la paternité de son art, il se représente. Le Diptyque de Melun avec une restitution du cadre d'origine. L'autoportrait de Fouquet était l'un des médaillons ornant le cadre, montage Artips Ce cadre a presque entièrement disparu… Le médaillon, seul rescapé, occupe aujourd'hui une place de choix au Louvre. Grâce à cet autoportrait, le premier de l’art français, Fouquet a gagné son pari : on peut mettre un visage sur son nom ! Jean Fouquet, Scène de la vie de saint Étienne, vers 1452-1455, reproduction en noir et blanc d'un médaillon émaillé du Diptyque de Melun (aujourd'hui détruit) Pour en savoir plus : Jean Fouquet, Portrait de Charles VII, vers 1445-1450, huile sur bois, 85 x 70 cm, Musée du Louvre, Paris " Le comble de la ressemblance : pouvoir se faire la barbe devant son portrait. " - Alphonse Allais - En un clic, dites-nous si par rapport à d'habitude : Des conseils, des idées, des critiques ? Copyright © Artly Production SAS, Tous droits réservés.
Passez nous voir !
|