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"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme." D’après Antoine de Lavoisier Bonjour, Années 1860, Paris. La Compagnie du chemin de fer du Nord fait face à un problème de taille. La gare "tête du réseau", bâtie depuis à peine dix ans à Paris, est déjà trop petite ! Il faut impérativement en construire une nouvelle pour faire face au nombre de voyageurs qui augmente à une vitesse folle. François-Auguste Trichon, Vue extérieure de l'embarcadère de la Gare du Nord, 19e siècle, gravure sur bois, 7 x 10,3 cm, Musée Carnavalet, Paris Heureusement, la Compagnie a plus d’un tour dans son sac. Au même moment, quelque 220 kilomètres plus loin, la ville de Lille manque justement d’une gare digne de ce nom. Pourquoi ne pas démonter la belle façade classique de la gare du Nord, œuvre de Léonce Reynaud, pour la remonter là-bas ? Henri Baron, Débarcadère de la Gare de Lille construit par Alfred Armand, 1860, dessin extrait de Album lillois : Souvenirs d'un artiste Le projet est vite adopté : les pierres qui constituent l'édifice parisien seront numérotées et prendront... le train. Direction Lille, pour être réassemblées sous la supervision de l’architecte Sidney Dunnett ! Becquet Frères, La gare du Nord, vers 1850, lithographie, photo : © MEPL / Bridgeman Images Une façon ingénieuse – et économique – de réutiliser les matériaux mais qui ne remporte pas tout de suite l’adhésion générale. Au conseil municipal de Lille, en 1864, on s’indigne : est-ce que ces "défroques de la capitale" constituent vraiment une gare monumentale, "alors qu’on n’y rajoute ni colonnes, ni porches" ? Modifications apportées à l’ancienne façade de la gare du Nord à Paris pour son réemploi à Lille, schéma de 1992, photo : © AREP/SNCF Ainsi embellie, la façade fait oublier son remontage "en kit" et devient l’entrée grandiose de la "nouvelle" gare, véritable palais ferroviaire... Mission réussie, les Lillois l’adoptent : la Compagnie du chemin de fer a finalement fait d’une pierre (ou plutôt d’un paquet de pierres), deux coups ! Façade de la Gare de Lille Flandres, 1907, carte postale, photo : Claude_villetaneuse Pour en savoir plus : " Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. " - D’après Antoine de Lavoisier - En un clic, dites-nous ce que vous en avez pensé Un avis ou une idée d’anecdote à nous partager ? Copyright © Artly Production SAS, Tous droits réservés. |