"La critique est la puissance des impuissants."

Alphonse de Lamartine

Bonjour,
Aujourd'hui : "Mes copains journalistes"
Où l’on s’écorche les yeux et saigne des oreilles.

 

1862, Paris. Une sacrée compagnie se presse dans le jardin des Tuileries. Si l’on en croit le titre, La Musique aux Tuileries, cette belle société est venue écouter un concert. Mais tout cela est un prétexte pour le peintre Édouard Manet. S’il a réuni ces gens sur sa toile, c’est parce qu’il espère que tous chanteront bientôt… ses louanges !

Édouard Manet, La Musique aux Tuileries, 1862, huile sur toile, 76 × 118 cm, National Gallery, Londres
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Car Manet a de l’ambition : il refuse de devenir un peintre maudit ou un artiste incompris que les expositions officielles rejettent. Il sait qu’en ce milieu de 19e siècle, il faut avoir la critique dans sa poche pour espérer rencontrer le succès.

Alors le jeune peintre se dit que la meilleure manière d’éveiller l’attention des journalistes, c’est de les représenter sur un tableau !

Henri Fantin-Latour, Édouard Manet, 1867, huile sur toile, 117 x 90 cm, Art Institute of Chicago, Chicago
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Dans sa Musique aux Tuileries, on reconnaît ainsi de nombreux journalistes, notamment Charles Baudelaire, Théophile Gautier, ou encore Zacharie Astruc.

Et s’il choisit comme décor le jardin des Tuileries, c’est parce que le lieu est à la mode : Manet espère ainsi être perçu comme le peintre de la vie moderne. Il développe d’ailleurs un style novateur, en peignant ses personnages avec de larges coups de pinceaux bien visibles.

En haut : Charles Baudelaire et Théophile Gautier
En bas : Zacharie Astruc
Édouard Manet, La Musique aux Tuileries, 1862, huile sur toile, 76 × 118 cm, National Gallery, Londres. Détails de l'œuvre

 

Hélas, le pauvre artiste récolte l’inverse de ce qu’il espérait ! De nombreux journalistes boudent le tableau… Plus grave, les rares critiques qui l’évoquent se déchaînent. L’un parle d’un "bariolage rouge, bleu, jaune et noir", un autre écrit que "son concert aux Tuileries écorche les yeux, comme la musique des foires fait saigner l'oreille"…

Jean-Marie Bérot, Paul de Saint-Victor, critique littéraire qui a écrit à propos du tableau de Manet "son concert aux Tuileries écorche les yeux, comme la musique des foires fait saigner l'oreille", 1865, photographie
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Et le pauvre Manet n’est malheureusement pas au bout de ses malheurs. Dans les mois qui suivent, il expose son célèbre Déjeuner sur l’herbe qui se fait lui aussi massacrer par les journaux !

Édouard Manet, Le Déjeuner sur l’herbe, 1863, huile sur toile, 207 × 265 cm, Musée d'Orsay, Paris
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" La critique est la puissance des impuissants. "

- Alphonse de Lamartine -

Racontée par Benjamin Billiet

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