"La critique est la puissance des impuissants."

Alphonse de Lamartine

Bonjour,
Aujourd'hui : "Exemple à ne pas suivre"
Où l’on apprend à se servir d’une sculpture comme épouvantail.

 

Paris, 1834. Le jeune sculpteur Auguste Préault peaufine son œuvre. Tout doit être parfait car il souhaite l’envoyer au Salon, l’exposition parisienne qui présente les dernières réalisations des artistes. Cela pourrait faire décoller sa carrière.

Mais un obstacle subsiste : sa sculpture doit d’abord être acceptée par un jury…

Félix Tournachon, dit Nadar, Auguste Préault, 19e siècle, photographie, 24 x 17 cm, Musée d'Orsay, Paris, photo : © Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
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Et c'est loin d’être gagné ! Le bas-relief qu'il a réalisé, nommé Tuerie, est aussi violent que son nom l'indique. On y voit des personnages qui hurlent et des visages torturés, sans explication sur les raisons de leurs souffrances. Préault se rattache au mouvement romantique : il cherche à exalter les passions et ses œuvres sont souvent brutales.

Auguste Préault, Tuerie, 1851 (version en bronze), bas-relief, bronze, 109 x 140 cm, Musée des beaux-arts de Chartres, photo : Jean-Pierre Dalbéra
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Lorsque Tuerie arrive sous les yeux des jurés, ceux-ci sont perplexes. Eux préfèrent les compositions simples et ordonnées, à l'opposé de la création de Préault ! Pourtant, l'œuvre est bien acceptée et présentée au Salon… Le jury aurait-il finalement été convaincu ?

François Biard, Quatre heures, au Salon, 1847, huile sur toile, 57,5 x 67,5 cm, Musée du Louvre, Paris, photo : © 2008 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi
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Peut-être, mais une autre rumeur court. L'œuvre aurait été exposée uniquement… pour humilier Préault ! C'est le sculpteur Cortot, un membre du jury, qui aurait insisté : "il faut accrocher cet ouvrage comme on pend un malfaiteur au gibet".

Son but ? Montrer aux jeunes artistes et au public l'exemple à ne pas suivre. En effet, Cortot déteste le mouvement romantique.

Jean-Auguste-Dominique Ingres, Portrait de Jean-Pierre Cortot, sculpteur, 1815, huile sur bois, 41 x 33 cm, Musée du Louvre, Paris
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Il en faut plus pour décourager Préault, qui décide de représenter sa Tuerie dans une autre exposition. Mais de nouveau, la plupart des critiques ne sont pas tendres… Le pauvre artiste ne verra donc jamais cette sculpture reconnue de son vivant. Il faudra attendre un bon siècle pour qu’elle soit enfin célébrée comme l’un des grands chefs-d’œuvre du 19e siècle !

Auguste Préault, Tuerie, 1851 (version en bronze), bas-relief, bronze, 109 x 140 cm, Musée des beaux-arts de Chartres, photo : Jean-Pierre Dalbéra. Détail de l'œuvre

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Auguste Préault, Ophélie, 1876, bas-relief, bronze, 75 x 220 cm, Musée d'Orsay, Paris, photo : © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski. Détail de l'œuvre.
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" La critique est la puissance des impuissants. "

- Alphonse de Lamartine -

Racontée par Nadia Goupil

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