"Regardez profondément dans la nature, et alors vous comprendrez tout beaucoup mieux." Albert Einstein
Bonjour, Aujourd'hui : "Il court, il court, le fureteur" Où l'on rencontre un peintre charmé par l’effet papillon.
1667, près d’Amsterdam. Le peintre Otto Marseus van Schrieck se balade dans les sous-bois proches de chez lui. Et il ne s'agit pas que d’une simple promenade de santé...
L’artiste est en fait à l’affût de reptiles et d’insectes, qu’il cherche à capturer. Rien d’inhabituel pour lui : il passe le plus clair de son temps à fouiller les environs au point que ses amis le surnomment le "fureteur" !
Otto Marseus van Schrieck, Sol forestier avec champignons, serpents, crapaud et lézard, 1662, huile sur toile, 50,5 x 68,5 cm, Musée Herzog Anton Ulrich, Allemagne Voir en grand
Direction ensuite la maison de l’artiste où ces petites bêtes sont installées dans un vivarium. Van Schrieck peut ainsi les observer et surtout les peindre.
Son objectif ? Réaliser des tableaux plus vrais que nature. Pour cela, il n’hésite pas à redoubler d’inventivité : l’artiste trempe même de vraies ailes de papillons dans la peinture, pour les utiliser comme des pochoirs. Au passage, celles-ci laissent quelques écailles sur la toile, ce qui en renforce le réalisme.
Otto Marseus van Schrieck, Plantes sauvages et papillons dans un paysage de forêt, 1670, huile sur toile, 70,5 x 54,5 cm, collection privée Voir en grand
Grâce à ces toiles, Van Schrieck rencontre le succès ! Alors qu’il avait commencé sa carrière en réalisant des natures mortes on ne peut plus classiques, comme des bouquets de fleurs, il s’est vite trouvé sa spécialité.
Le voilà expert dans la représentation des sous-bois hollandais... et des bestioles qui y vivent. Il invente ainsi un nouveau sous-genre dans la peinture : le sottobosco, ou "peinture de sous-bois".
Otto Marseus van Schrieck, Vase de fleurs avec papillons, 1669, huile sur toile, 60,5 x 49,7 cm, Palais Pitti, Florence Voir en grand
Mais le peintre ne s’arrête pas à la simple copie de la nature. Au-delà des apparences, il en profite pour délivrer des messages plus philosophiques.
Dans l’une de ses œuvres, un serpent s’apprête à bondir sur un crapaud, alors que celui-ci est occupé à dévorer un papillon.
Otto Marseus van Schrieck, Serpents, crapauds et papillons, 1639, huile sur toile, 61 x 49 cm, Musée des Augustins, Toulouse Voir en grand
En exposant la chaîne alimentaire sous nos yeux, Van Schrieck nous rappelle la cruauté de l’existence… Une existence aussi éphémère qu’un battement d’ailes de papillon !
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Pour en savoir plus :
Un peintre hollandais qui passe son temps dans les bois, des restaurations plus efficaces que des liftings, des démons dans des habits de moine... Les œuvres du musée des Augustins de Toulouse nous en font voir de toutes les couleurs !
Artips et le musée, fermé pour rénovation, se sont associés pour révéler leurs secrets à lire ou à écouter par ici. À chacun de décider s’il préfère découvrir ces histoires croustillantes sur un écran ou se les faire chuchoter à l’oreille... avant de se précipiter pour voir les œuvres à la réouverture du musée.
En attendant, ces secrets hybrides et gratuits sont à dévorer par là :
Découvrir les secrets du musée des Augustins
" Regardez profondément dans la nature, et alors vous comprendrez tout beaucoup mieux. " - Albert Einstein -
Racontée en partenariat avec Le musée des Augustins
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