"Ce qui ne se régénère pas dégénère." Edgar Morin Bonjour, 1863, Paris. Comme chaque matin, le zoologue Auguste Duméril se rend au vivarium du Jardin des plantes. Il vient observer sa dernière acquisition : des axolotls, d’étranges amphibiens arrivés tout droit du Mexique. Paul Brocchi, Mission scientifique au Mexique et dans l'Amérique centrale. Recherches zoologiques. Troisième partie, Étude des batraciens de l'Amérique centrale, 1882, illustration, Bibliothèque nationale de France, Paris. En haut : axolotl adulte urodèle / En bas : axolotl leucistique Mais une surprise de taille l’attend. La patte sectionnée d'un des axolotls est en train… de repousser ! L'axolotl (Ambystoma mexicanum) peut en effet régénérer intégralement des parties de son corps, que ce soit une patte, un bout de colonne vertébrale ou même certaines zones du cerveau. Axolotl leucistique, 2017, photo : LaDameBucolique À l’endroit de la section, un amas de cellules, appelé "blastème", se crée pour protéger la partie abîmée. Ce ne sont pas des cellules souches (capables de donner n’importe quel organe), mais des cellules qui ont la mémoire de leur fonction. Illustration Sciencetips L'immortalité non, mais la régénérescence cellulaire oui ! Pour comprendre, les chercheurs se sont intéressés à son génome (10 fois plus grand que le nôtre !). Ils ont découvert l'existence d’une petite protéine, un facteur de croissance, nommé TGF-β1 qui s'active lors de la régénération. Illustration Sciencetips Mais ce n’est pas tout ! Les axolotls ont d’autres capacités hors du commun. Ils peuvent rester toute leur vie à l’état larvaire, tout en étant capables de se reproduire. Cette jeunesse prolongée (qui fait rêver certains) s’appelle la "néoténie". Elle serait liée à une faible activité de la glande thyroïdienne. Axolotl leucistique à l'état larvaire, 2012, photo : John P Clare Autant dire qu’avec ses incroyables capacités, l’axolotl est étudié sous toutes les coutures. L’objectif ? Permettre d’améliorer la vitesse de réparation des tissus ou l’acceptation de greffe chez l'humain. Représentation du dieu aztèque Xolotl, peinture sur parchemin extraite du Codex Telleriano-Remensis, 16e siècle, Bibliothèque nationale de France, Paris Pour en savoir plus : Forme sauvage de l'axolotl élevé en aquarium, 2017, photo : Bouboulski " Ce qui ne se régénère pas dégénère. " - Edgar Morin - En un clic, dites-nous si par rapport à d'habitude : Des conseils, des idées, des critiques ? Copyright © Artly Production SAS, Tous droits réservés. |