"Tout est poison, rien n'est poison, c'est la dose qui fait le poison."

Paracelse

Bonjour,
Aujourd'hui : "Assassin !"
Où l’on découvre que la chimie peut résoudre des crimes.

 

1850, Belgique. Une forte agitation secoue le château de Bitremont : un homme vient d’être retrouvé mort ! Il s’agit de Gustave Fougnies, le beau-frère du propriétaire des lieux, Hippolyte Visart de Bocarmé.

L’homme aurait été victime d’une apoplexie (ou AVC), mais un doute subsiste. Et si Gustave avait été… assassiné ?

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Hippolyte Visart de Bocarmé, XIXe siècle, illustration
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Les enquêteurs suspectent un empoisonnement, seul moyen de provoquer des symptômes proches de ceux d’une mort "naturelle". Ils décident donc de confier l’autopsie à un chimiste, expert en toxicologie, Jean-Servais Stas.

L’autopsie, cependant, ne révèle aucune trace de poison, du moins de poison connu. En dernier recours et pris d’une inspiration subite, le chimiste décide de renverser de la potasse (du carbonate de potassium K2CO3) sur les organes de la victime.

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Jean-Servais Stas, vers 1850, photographie, photo : Internet Archive

 

Et bien lui en prit ! Une forte odeur se répand dans l’air qui oriente l’expert sur une piste étonnante, la nicotine du tabac.

Commence alors un long processus : la nicotine est extraite des organes (processus d'extraction), puis précipitée (la molécule dissoute en solution forme un solide qui se dépose au fond du récipient).

Finalement, le chimiste découvre des doses considérables de nicotine dans les organes de la victime. Gustave est bel et bien mort empoisonné !

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Nicotiana tabacum ou tabac, illustration, photo : Rawpixel Ltd
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La découverte de Stas met rapidement les enquêteurs sur une nouvelle piste : le beau-frère de Gustave, Bocarmé, aurait suivi des cours de chimie.

Il aurait notamment appris à extraire les alcaloïdes, des molécules présentes dans de nombreuses plantes médicinales ou toxiques, telles que la nicotine. Le poison idéal : mortel à haute dose et indétectable… du moins jusqu’à la découverte de Stas.

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Représentation moléculaire de la nicotine, photo : Jynto
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L’affaire est finalement élucidée et Bocarmé, jugé coupable, est guillotiné en place publique.

L'épisode marque le début de l’utilisation de la chimie dans les méthodes d’analyse de la police. Le test de Stas est d’ailleurs encore couramment utilisé aujourd’hui !

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Assassinat de Gustave Fougnies par Hippolyte Visart de Bocarmé, XIXe siècle, illustration, photo : DR
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En savoir plus sur l'assassinat de Gustave Fougnies (vidéo)

" Tout est poison, rien n'est poison, c'est la dose qui fait le poison. "

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Racontée par Étienne Laborie

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