"Les grands hommes font leur propre piédestal ; l’avenir se charge de la statue."

Victor Hugo

Bonjour,
Aujourd'hui : "Empereur à livrer"
Où l’on rencontre une statue qui aurait peut-être préféré rester six mètres sous terre.

 

Décembre 1660, à Langres. Alors qu’un maçon creuse tranquillement une citerne, il tombe soudain sur… une statue antique !
La sculpture en marbre représente un homme vêtu d’une toge mais qui a perdu sa tête et ses bras. Que fait donc une telle œuvre là, à six mètres sous terre ?

Le togatus de Langres, 2e siècle de notre ère, marbre, 84 x 200 cm, Musée d’Art et d’Histoire de Langres, photo : Arnaud Vaillant et Sylvain Riandet
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C’est l’émoi dans la petite cité. L’œuvre, désormais surnommée "togatus", a sans doute été importée à Langres quinze siècles plus tôt, lorsque la ville était une puissante cité gallo-romaine. Loin d’être banal, l’homme de marbre représenterait même un empereur. Il n’en faut pas plus aux dirigeants de la localité pour décider d’exposer le togatus. Les Langrois se pressent alors pour admirer le témoin de leur passé glorieux !

Porte gallo-romaine de Langres, 2010, photo : MG
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Mais vingt-quatre ans plus tard, le conseil municipal reçoit une lettre d’un ministre du roi Louis XIV. Celui-ci est très ennuyé : il lui faut des statues pour orner les jardins du château de Versailles… Beaucoup de statues, même, si bien que la production des sculpteurs français n’est pas suffisante.

Vue des jardins de Versailles depuis le parterre d'eau, 2010, photo : Paolo Costa Baldi
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Le ministre fait donc la chasse aux antiques à travers tout le territoire et notre togatus l’intéresse. L’œuvre est envoyée à Paris, où un sculpteur la complète d’une tête et de bras. Elle est ensuite installée dans les jardins de Versailles.

François Girardon, tête ajoutée au togatus de Langres, 1685, marbre, 27 cm, Musée d’Art et d’Histoire de Langres, photo : © Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Tony Querrec
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Pendant la Révolution, le togatus revient à Paris pour orner le palais des Tuileries. Mais encore une fois, son séjour ne dure pas : alors que le château est incendié en 1871, la statue rejoint le musée du Louvre pour être mise en sécurité.

Léon Sabatier, Paris et ses ruines, 1873, lithographie, Archives nationales de France, Pierrefitte-sur-Seine
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Elle est ensuite peu à peu oubliée, et il faut attendre 1980 pour qu’elle soit redécouverte dans les réserves ! Aujourd’hui de retour dans sa ville de Langres et présenté sans les rajouts du 17e siècle, le togatus profite, après tant de péripéties, d’une retraite bien méritée.

Musée d'Art et d'Histoire de Langres, 2011, photo : Ji-Elle
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Le Hongre, La Marne, 1689, bronze, statue du parterre d'eau, Château de Versailles, photo : Daniel Gaudry
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" Les grands hommes font leur propre piédestal ; l’avenir se charge de la statue. "

- Victor Hugo -

Racontée par Marie Vuillemin

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