Jan van Eyck, L'homme au chaperon bleu, vers 1430, huile sur bois, 22 x 16 cm, Brukenthal National Museum, Sibiu
Fin du 18e siècle, Vienne. Samuel von Brukenthal, collectionneur d’art réputé, acquiert une œuvre dont il est très fier : L’homme au chaperon bleu. Il faut dire que cette toile possède une valeur considérable puisqu’elle est signée par un grand peintre de la Renaissance germanique : Albrecht Dürer ! Enfin, c’est ce que Brukenthal croit…
Car à sa mort, la signature commence à éveiller les soupçons. La date inscrite ne correspond pas à la période, plus ancienne, où la coiffe du personnage était à la mode. Il faut toutefois attendre 1990 pour que la photographie infrarouge confirme que le nom de Dürer a été ajouté après coup. Mais alors, qui est l’auteur du tableau ?
Plusieurs indices permettent aux spécialistes de trancher : la finesse des traits, la tête imposante par rapport au corps, le fond neutre… Tout indique qu’il s’agit d’un tableau réalisé par Jan van Eyck.
Détail de la fausse signature de Dürer dans le coin supérieur gauche du tableau
Ce maître flamand de la Renaissance se distingue en effet par ses portraits d’un réalisme saisissant. Même la barbe naissante du personnage est représentée : un souci du détail qui rappelle un autre de ses chefs-d’œuvre, L’Homme au turban rouge. De plus, le chaperon fait fureur à son époque : la boucle est bouclée !
C’est dans l’espoir de vendre le tableau plus cher qu’un marchand aurait par la suite ajouté la signature de Dürer. Après la Renaissance, la renommée de ce dernier dépasse en effet celle de Van Eyck.
Jan van Eyck, L'Homme au turban rouge (détail), 1433, huile sur bois, 27 x 19 cm, National Gallery, Londres
Signature de Dürer dans le coin en haut à gauche. Albrecht Dürer, Rhinocéros, 1515, gravure, 24 x 30 cm, Musée du Louvre, Paris
La raison ? Des reproductions de ses gravures circulent partout en Europe tandis que les toiles de Van Eyck ne sont accessibles qu'à un public plus restreint.
Aujourd’hui, la vérité est rétablie. Il reste cependant une ombre au tableau : l’identité du modèle. S’agit-il d’un homme qui fait sa demande de mariage à sa dulcinée, la destinataire du tableau ? Un mystère encore non résolu à ce jour !
Détail de l'alliance
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