Où l’on découvre comment un chien a permis la constitution d’une incroyable collection.
Avril 1919. La direction des musées d’Écosse reçoit une bonne nouvelle : un certain James Cowan Smith, ingénieur écossais qui vit en Angleterre, vient de lui léguer une très belle somme d’argent !
Avec ces 52 000 livres sterling (soit plus deux millions d’euros actuels), le philanthrope souhaite participer à la constitution de la collection de trésors artistiques de la National Gallery, à Édimbourg.
National Gallery of Scotland, Édimbourg, 2025. Photo : Ruili Jiang De Heshui
Portrait de Callum accroché dans le musée. Photo : Henrik Johansson
L’histoire aurait pu s’arrêter là si Cowan Smith n’avait pas glissé dans son testament une clause quelque peu... excentrique. En effet, il stipule que le musée pourra acheter les œuvres comme bon lui semble, à deux conditions : son chien Fury doit recevoir une rente pour assurer son train de vie.
Et plus surprenant encore, le musée devra accrocher à perpétuité un portrait non pas de son bienfaiteur, mais du précédent compagnon à quatre pattes de celui-ci.
Les chanceux légataires hésitent : certes, le tableau peint par John Emms en 1895 qui représente le chien Callum en train de chasser le rat est typique du style animalier de la fin du 19esiècle. Mais faut-il pour autant accepter une contrainte aussi farfelue ?
John Emms, Callum, 1895, huile sur toile, 70 x 90 cm, National Gallery of Scotland, Édimbourg
Le cas remonte jusqu’au parlement écossais où l’on finit par décider d’autoriser l’exécution du testament. Il faut dire que Callum est un toutou qui rapporte beaucoup d’argent...
Grâce au legs, la National Gallery achète plus de quarante peintures ainsi que des dessins et des gravures. Turner, Rubens ou encore Sargent ont ainsi fait leur entrée dans les collections nationales écossaises. De quoi assurer la réputation du musée !
Alexander Carse, The Penny Wedding, vers 1819, huile sur toile, 90 x 130 cm, National Gallery of Scotland, Édimbourg Ce tableau a été acquis par le musée grâce au legs de James Cowan Smith
Un Dandie Dinmont Terrier devant le portrait de Callum. Photo : DR
Aujourd’hui encore, la National Gallery of Scotland respecte scrupuleusement les volontés de Cowan Smith. Il est toujours possible d’admirer le portrait de Callum entouré d’œuvres bien plus prestigieuses.
Ce témoignage de l’amour que lui portait son maître a fait fondre tous les cœurs : le petit chien est devenu la mascotte du musée... et l’œuvre préférée de nombreux visiteurs !
"Partout où il y a un malheureux, Dieu envoie un chien." Alphonse de Lamartine
Ouaf ouaf 🐶
Des chiens fidèles pour l’éternité, des pingouins installés (au frais) dans le sud de la France, un ours polaire qui a lancé la carrière d’un sculpteur… Nos compagnons à poils, plumes et écailles hantent l’histoire de l’art !
Pour en apprendre plus, on vous donne rendez-vous dans notre visioconférence Artips qui aura lieu le 15 juin à 18h30 (avec replay disponible). Promis, cette drôle d’exploration révèlera aussi beaucoup de choses sur nous autres, les humains…