Où l’on rencontre un archéologue qui se prend pour Hercule Poirot.
Papyrus de la reine Maât-ka-ra, un des premiers à apparaître sur le marché noir à la fin du 19e siècle
1881. Gaston Maspero, jeune responsable du Service des antiquités égyptiennes, est suspicieux. Voilà maintenant quelques années que de nombreux trésors archéologiques se répandent sur les marchés du Caire et de Louxor. N'y aurait-il pas anguille sous roche ?
Gaston Maspero se lance donc dans une mission de la plus haute importance : enquêter sur un drôle de trafic qui pourrait avoir lieu dans la région…
En effet, statuettes ouchebtis (serviteurs funéraires), papyrus anciens et autres objets à la valeur inestimable circuleraient en toute impunité. Gaston Maspero estime que retrouver le lieu d’où proviennent toutes ces trouvailles serait trop compliqué. Il préfère se lancer sur la trace des malfrats qui se cachent derrière tout ça. Et coup de chance, il ne tarde pas à tomber sur la piste des deux frères Abd el-Rassoul!
Encore mieux, l’un deux avoue qu’ils ont découvert un incroyable butin il y a de ça dix ans. Situé dans un caveau, sous le complexe funéraire de Deir el-Bahari, le trésor a été exploité en secret pendant toute la décennie !
Matériel funéraire découvert à Deir El-Bahari, fin du 19e siècle
Vue du temple d'Hatshepsout sur le site de Deir el-Bahari de nos jours. Photo : Diego Delso, CC BY 4.0
À contrecœur, les pilleurs emmènent l'un des collaborateurs de Maspero sur les lieux du crime.
Parvenus à l’intérieur du caveau, les enquêteurs sont stupéfaits : à la lumière de leur bougie, ils découvrent une trentaine de momies, dont celles de pharaons majeurs comme Ramsès II et Séthi Ier. Celles-ci ont été cachées là à la hâte, bien après leur embaumement et avec plus de 5 000 objets funéraires, pour échapper aux pilleurs, déjà nombreux dans l'Égypte ancienne.
Excavation de la cache en 1891, archives du Collège de France, Paris
Momies et sarcophages au Musée de Bulaq, actuel Musée égyptien du Caire, début du 20e siècle
Rapidement, les objets sont saisis et étudiés avec minutie. Appartenant à deux époques différentes, ils montrent l’évolution des techniques de momification et de l’esthétique du mobilier funéraire au fil du temps.
Malheureusement, les enquêteurs craignant les réactions de la population locale, l’extraction des objets est précipitée et cause quelques dégâts… Mais pas d’inquiétude, tous ces trésors sont désormais à l’abri dans les musées du pays!
"Ah, l’argent ! Qu’on en ait ou qu’on en manque, c’est toujours lui la cause du mal." Agatha Christie
🕵️ Qui vole un œuf...
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