1989, New York. Au prestigieux Metropolitan Museum of Art, Jean-Michel Folon s’affaire. L’artiste belge est en plein travail pour sa rétrospective : une véritable consécration ! Mais contre toute attente, son esprit est occupé par autre chose…
Folon est complètement captivé par une sculpture du musée et passe tout son temps libre à la dessiner ! La statuette est issue de l’art primitif cycladique, daté aux environs de 2 000 avant notre ère, et elle accapare son attention pendant quatre mois.
Ainsi, aussitôt rentré dans son atelier en France, c’est décidé, Folon se met à la sculpture !
Pourtant, ce dernier s’est surtout fait connaître dans les années 1960 pour ses illustrations colorées utilisées dans des magazines, des publicités ou sur des affiches au service de l’écologie et des droits humains. Mais ça ne fait rien, Folon tâte tous les terrains.
Celui-ci commence par tailler un oiseau dans un manche de brosse en bois à l’aide d’un couteau. Puis, il explore le plâtre, l’argile ou le bronze, et s’inspire de plusieurs arts extra-occidentaux, comme les masques africains, les totems amérindiens, mais aussi des figures étrusques.
Encouragé par ses amis artistes, il produit au total près de 400 sculptures.
Il y en a tellement que bientôt, elles débordent de son atelier et viennent peupler le paysage urbain du monde entier. Souvent, c’est un mystérieux personnage doté d’un chapeau qui s’invite avec plus ou moins de discrétion : certaines statues peuvent mesurer jusqu’à six mètres de haut !
Avec son œuvre La Mer, ce grand sculpteur, Folon atteint une forme d’aboutissement dans son art sculptural. Cette statue installée sur la plage de Knokke en Belgique est en effet conçue pour continuer à être sculptée par les éléments.
Une belle manière pour Folon de nous rappeler avec poésie la force de la nature, et de nous montrer par la même occasion qu’en dépit des changements, le cœur de son art sensible et engagé reste le même.