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Une erreur de taille

Où l’on rencontre un artiste qui n’a pas le compas dans l’œil.

Henri Matisse en train de dessiner le croquis de La Danse avec un bâton de bambou dans son atelier à Nice, 1931. Photo : DR, Collection des Archives de la Fondation Barnes, Philadelphie

Philadelphie, 1930. Henri Matisse rencontre Albert C. Barnes, un collectionneur qui est aussi l’un de ses plus fervents admirateurs.

Ce jour-là, Barnes a quelque chose à lui demander : il veut lui commander un grand décor pour la salle principale de sa fondation d’art.

Enfin un défi à la mesure de l'artiste ! Le projet est si monumental que, pour le réaliser, Matisse loue un garage aux dimensions adéquates à Nice, où il travaille jour et nuit.

Albert C. Barnes et Henri Matisse dans la galerie principale de la Fondation Barnes, vers 1930. Photo : DR

Henri Matisse, Nu bleu II, 1952, papiers peints à la gouache puis découpés et collés sur toile, 104 x 86 cm, Musée national d'Art moderne, Paris

Et puisque le peintre a carte blanche, il décide de traiter d’un motif qui lui est cher : la danse.

Après avoir réalisé une première version, le peintre juge l'emploi de la peinture à l’huile peu pratique pour un format de cette taille. En effet, dessiner, effacer et repasser le motif plusieurs fois sur une toile aussi grande l’épuise.

Il change alors de technique et se met à épingler des bandes de papier coloré directement sur la toile. Une fois qu'il est satisfait de la composition, l'artiste en décalque les contours. Il ne lui reste plus qu'à appliquer les différentes couleurs dans les zones délimitées ! Matisse compose ainsi une deuxième version, intitulée Danse de Paris.
Mais voilà qu'après plus d’un an de travail, le peintre découvre, stupéfait, qu’il s"est trompé dans les dimensions… Barnes confirme par télégramme que "Tout est à refaire, c’est une tragédie !"

Henri Matisse, La Danse II, 1932-1933, huile sur toile, trois panneaux, 350 x 1384 cm, Fondation Barnes

Mais l'artiste ne se décourage pas. Après avoir vérifié plusieurs fois ses calculs, il se lance dans la troisième et dernière version de La Danse. L'œuvre peut enfin prendre place à la Fondation Barnes, où elle trône encore aujourd’hui.

Les deux premiers essais, eux, sont désormais exposés au Musée d’art moderne de la ville de Paris. Quant à cette nouvelle technique de découpage développée par Matisse, disons que c'est le début d'une longue histoire…

En haut : Henri Matisse, La Danse inachevée (première version du projet), 1932, huile sur toile, 350 x 1299 cm, Musée d'art moderne de Paris / En bas : Henri Matisse, La Danse de Paris (deuxième version du projet), 1932, 355 x 1271 cm, Musée d'art moderne de Paris

"L'exactitude n’est pas la vérité." Henri Matisse

En savoir plus

Sur cette œuvre

Sur la technique de découpage de Matisse

Sur la Fondation Barnes de Philadelphie (anglais)

Racontée par Solène P.

Plus d'information sur le rédacteur

Iconographiée par Charlotte Dubus-Hamel

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Quelle technique Jean Dunand a-t-il utilisé pour ces panneaux de paravent ?

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