2019, Paris. Une jeune artiste, qui se fait appeler Les Murs ont des oreilles, décide de prendre un nouveau départ. Son travail dans une maison de ventes d’art a suscité chez elle une grande indignation !
La raison ? Le fonctionnement du marché de l’art, très cloisonné, où d’innombrables œuvres circulent entre collections privées et fonds d’investissement sans jamais être montrées au grand public.
Face à cette injustice, il n’est pas question pour la jeune Strasbourgeoise de rester les mains dans les poches.
Avant de quitter son poste, elle récupère plusieurs catalogues d’exposition, dont elle scanne les pages. C’est qu’elle a une idée en tête... L’artiste veut montrer les œuvres des maîtres au grand public dans la rue!
L’artiste n’en est pas à son coup d’essai. Depuis l’année précédente, elle colle déjà des images d’oreilles de toutes les tailles sur les murs de la ville.
Il s’agit d’un clin d’œil à l’expression "Les murs ont des oreilles", qu’elle a choisie pour nom d’artiste, elle qui a tendance à parler trop fort dans la rue.
Avec son nouveau projet, ce ne sont pas des oreilles, mais des reproductions d’œuvres d’art anciennes que l’artiste compte utiliser. Et elle y ajoute son style personnel : chaque image est détournée avec humour à l’aide d’expressions de la langue française, prises au sens littéral.
Ainsi, un modèle de Botticelli illustre "faire un pied de nez", en se retrouvant affublé d’un pied en guise de nez.
Son détournement réalisé, Les Murs ont des oreilles imprime ses images et s’en va les coller discrètement dans la rue, parfois la nuit. Elle espère ainsi magnifier le paysage urbain tout en surprenant et en amusant les passants.
Mission réussie ! Avec chaque nouvelle création, les personnages sortent de leurs tableaux… pour mieux se rapprocher du public.
"(J’ai) envie de faire un pied de nez à toutes ces institutions qui cloisonnent l’accès à l’art, en sortant les œuvres de leurs murs." Les Murs ont des oreilles