1783, Versailles. Pour Pâques, Madame Victoire, fille du roi Louis XV, a droit à une étrange surprise : deux œufs de poule… qui s’ouvrent pour laisser apparaître de délicates sculptures miniatures. Réalisées en carton, verre, mousse et velours, celles-ci sont des chefs-d’œuvre de précision ! Mais pourquoi un tel cadeau ?
En réalité, il s’inscrit dans une longue tradition. Depuis l’Antiquité, on s’offre des œufs à l’arrivée du printemps, car ils sont des symboles de fécondité et de renouveau.
Œufs offerts à Madame Victoire en 1783, publié dans Les Rues du vieux Paris : galerie populaire et pittoresque, Victor Fournel, édité par Firmin-Didot, 1879, Gallica, Bibliothèque nationale de France, Paris
Avec l’arrivée du christianisme, consommer des œufs pendant le jeûne du Carême devient interdit. On les garde alors pour Pâques, moment où l’on célèbre la résurrection du Christ.
Peu à peu, l’œuf de Pâques s’impose dans les célébrations: invité d’honneur des processions, il est même béni à l’église, décoré, peint, caché puis offert. Pas étonnant qu’il devienne incontournable au 18esiècle!
Deux personnages avec des œufs, psautier, 1280-1290, Gallica, Bibliothèque nationale de France, Paris
Paul Kauffmann, "La quête des œufs de Pâques", édité par Berger-Levrault, 1902, Gallica, Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg
À la cour de Versailles, des œufs de toutes sortes - et même parfois d’autruches - sont désormais décorés avec un raffinement extrême. Dorés ou peints, ils sont aussi vidés pour dissimuler des pierres précieuses et des sculptures. Rien n’est trop beau pour eux.
Les œufs surprises offerts à Madame Victoire ne dérogent pas à la règle. Les scènes qu’elle découvre à l’intérieur racontent l’histoire de Louis Gillet, un soldat à la retraite qui a sauvé une jeune fille d’une attaque de brigands.
Winsor McCay, Little Nemo in Slumberland (détail), publié dans The New York Herald, avril 1906, Gallica, Bibliothèque nationale de France, Paris
Ce récit héroïque, qui a fait le tour du pays à l’époque, incarne des valeurs chères à la princesse, comme le courage, la galanterie et la modestie. Montés sur des socles en bois ornés de papier doré, ces œufs élèvent une tradition populaire au rang de véritable œuvre d’art.
Depuis le développement de l’industrie, au 20esiècle, nos œufs de Pâques sont désormais en chocolat. Il n’empêche, qu’ils soient amenés par des cloches, des lapins ou des poules, ils font toujours autant plaisir!
Agence de presse Mondial Photo-Presse, "Préparation des œufs de Pâques en chocolat", 1932, Gallica, Bibliothèque nationale de France, Paris
"Pâques est le seul moment où il est parfaitement sûr de mettre tous vos œufs dans le même panier." Evan Esar
Une aventure… en chocolat 🐰
Agence de presse Mondial Photo-Presse, "Préparation des œufs de Pâques en chocolat", 1932, Bibliothèque nationale de France, Paris
Prêts pour une quête savoureuse ? On vous donne rendez-vous ce samedi 4 avril, de 10h à 18h, au musée de la Bibliothèque nationale de France (site Richelieu).
Au programme de la chasse aux œufs inédite : visitez le musée en famille, complétez votre livret jeu et vous pourrez repartir avec l’un des 250 œufs en chocolat signés par la prestigieuse Maison Boissier. Miam !
Vous manquez l’événement ? Pas de panique : le musée de la BnF regorge de surprises. Entre ses bijoux, manuscrits et affiches, ses œuvres racontent (tous les jours) des histoires extraordinaires pour petits et grands.
Une sortie qui ravira les curieux comme les gourmands !