730, actuelle Jordanie. Le prince Walid ibn Yazid, de la dynastie des Omeyyades, commande la réalisation d’une forteresse. Si celle-ci est aujourd’hui en plein désert, à l’époque elle se trouvait opportunément sur les routes marchandes. Mais Qusayr Amra n’est pas voué qu’à surveiller les passages...
Eh oui, le prince compte bien aussi y séjourner pour ses propres plaisirs ! Il demande ainsi à ses architectes de prévoir des pièces pour ses fêtes.
Fresque représentant le prince Walid ibn Yazid, dans le palais de Qusayr Amra, Jordanie. Photo : Taha b. Wasiq b. Hussain, CC BY 4.0
Un ours jouant de la musique, Qusayr Amra, Jordanie. Photo : Dosseman CC BY 4.0
La salle d’audience, notamment, doit être somptueuse : sur un mur, on découvre une fresque où le calife musulman est entouré des grands souverains de l’époque, de l’empereur de Byzance au roi wisigoth d’Espagne.
Mais le prince Walid apprécie aussi les décors plus poétiques et moins politiques, comme les scènes de chasse et de la vie quotidienne, avec des danseurs et même un ours qui joue de la musique.
Enfin, pour que ses séjours soient réussis, le prince se fait construire... des bains pour se délasser ! Là encore, les artistes ont réalisé des fresques, toujours plus spectaculaires : un zodiaque, copié d’un globe antique, recouvre une coupole, non loin de femmes nues qui prennent les eaux.
Cet endroit merveilleux mêle ainsi diverses influences: les bains sont romains, la coupole byzantine... Le cerne noir autour des figures, lui, relève plutôt de l’art copte (égyptien chrétien), les représentations de chasse des Sassanides (souverains perses) et les motifs de grenade, symbole de fertilité, font plutôt penser aux civilisations sumériennes qui ont occupé ce territoire.
Le prince se baignant, Qusayr Amra, Jordanie. Photo : Flowcomm, CC BY-NC 2.0
Fresque de Qusayr Amra, Jordanie. Photo : Flowcomm, CC BY-NC 2.0
Qusayr Amra n’est donc pas que le paradis personnel de Walid : avec ce "château du désert", il cherche aussi à montrer que sa dynastie est l’héritière de ces grands empires !
Par la suite, l’art islamique évoluera, jusqu’à exclure les figures humaines. Mais Qusayr Amra, longtemps oublié, a survécu au passage des siècles ! Aujourd’hui, ces fresques uniques sont même classées au patrimoine mondial de l’humanité.
Au programme ? Difficile de tout résumer ici ! Vous pourrez ainsi percer le mystère des chefs-d’œuvre, explorer les mouvements artistiques ou encore apprendre comment lire une photographie et un tableau. Et bien sûr, le GrandPalaisRmn vous propose un cycle exceptionnel en partenariat avec l’Institut du Monde Arabepour tout connaître des arts arabes en sortant des clichés, de Qusayr Amra aux artistes contemporains.
Les conférences sont disponibles sur place (au Grand Palais) mais aussi en ligne et en replay. Alors, n’hésitez pas à en profiter !