Artips Arts

Ne dites rien à la mariée !

Où l’on joue à cache-cache avec une œuvre.

Le chœur de l'église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d'Assy, Passy, Haute-Savoie, France. En haut une Tapisserie de Jean Lurçat ; au milieu, le Christ de Germaine Richier © Adagp, Paris, 2023

1954, Haute-Savoie. Alors qu'un mariage se prépare dans la petite église du Plateau d'Assy, un scandale éclate. Impossible de procéder à la cérémonie devant l’autel principal : la mariée s’y refuse !

Agnès Varda, Germaine Richier dans son studio, 1956 © Adagp, Paris, 2023 © succession Agnès Varda

Cette dernière n’est autre que Germaine Richier, une sculptrice illustre... et l’auteure du crucifix qui orne le chœur de l’église. Commandée quatre ans plus tôt, l’œuvre s’inscrit dans un ambitieux projet d’art sacré. Des artistes comme Matisse, Chagall et Richier se sont réunis à la demande de deux prêtres pour décorer cette nouvelle église à la pointe de l’art moderne. Le tout est destiné aux tuberculeux des hôpitaux environnants, privés d’église.
 
Lorsque la sculptrice décide de se marier, quoi de plus logique que de le faire au pied de "son" Christ ? C'est là que les ennuis commencent...

Germaine Richier, Christ, 1950, bronze. Photo : La Croix © Adagp, Paris, 2023

En effet, en entrant dans l’église, Richier ne retrouve pas son œuvre dans le chœur. Le Christ en bronze a été relégué dans la discrète chapelle des morts, tout au fond de l’édifice. La raison ? Le Christ, silhouette décharnée au visage lacéré, évoque la souffrance des tuberculeux. Il semble même fusionner avec la croix qui le soutient...
Et son aspect passe mal auprès de certains croyants qui crient à l’outrage. Un cardinal parle même de "scandale pour la piété des fidèles" !
L’œuvre a beau être défendue par d’autres prêtres et les historiens de l’art, cela ne suffit pas... Voilà pourquoi Richier constate qu’on a préféré la placer loin des regards. Mais l’artiste ne l’entend pas de cette oreille : ni une ni deux, elle exige de déplacer son mariage dans la chapelle des morts.

Article paru dans Tribune Libre, vers 1950

Hélas, la sculptrice ne verra jamais le retour de son œuvre dans le chœur de l’église en 1969, dix ans après sa mort. Mais elle aura au moins vécu une cérémonie inoubliable en sa compagnie !

Anonyme, Portrait de Germaine Richier, vers 1955. Photo : DR

En savoir plus

Sur Germaine Richier

Sur l’église du plateau d’Assy et ses œuvres modernes

Sur la controverse du Christ d’Assy

Sur un autre scandale célèbre de l’histoire de l’art

"Son Christ est d’une grandeur qui tient du miracle." - Maria Helena Vieira da Silva, à propos de l’œuvre de Germaine Richier

Racontée par Marie Vuillemin

Plus d'information sur le rédacteur
Iconographiée par Aude Niclas

Jeu concours

Image du jeu-concours

Où ce tableau a-t-il été peint ?

Jouer

Vous avez aimé cette anecdote et vous souhaitez en recevoir d’autres ?

M’abonner à Artips

Prenez votre envol...

Et partagez cette anecdote

avec vos amis !

Mail facebook Twitter Linkedin Whatsapp

On vous a transféré cette newsletter ?

Abonnez-vous ! C'est gratuit 

Vous avez aimé ou pas aimé cette anecdote ? Dites-le nous !

Je donne mon avis
Facebook Twitter Linkedin Instagram TikTok

Contactez-nous sur contact@artips.fr

Copyright © Artly Production SAS, Tous droits réservés.

 

Passez nous voir !
ARTLY PRODUCTION SAS,
9 boulevard de la Madeleine
75001 Paris

 

Se désinscrire

Informations Légales