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Je te tiens, tu me tiens...

Où l’on rencontre des habitants qui veulent ramener
une œuvre à la maison.

Dalle en l’honneur des victimes de la misère, 1987, Paris, Place du Trocadéro. Inscription : Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré (Père Joseph Wresinski)

2011. Plusieurs habitants de Liévin, une ville anciennement minière du nord de la France, sont en séjour à Paris. Arrivés sur la place du Trocadéro, ils découvrent par hasard une dalle portant une inscription contre la misère.

Ému par cette initiative, le petit groupe désire bientôt posséder, lui aussi, une œuvre qui rende hommage au courage et à la résilience des personnes pauvres de leur région, très touchée par l’arrêt de l’industrie minière...

Fosse n°3 - 3 bis des mines de Lens, ancienne Compagnie des mines de Lens, fermée en 1978, Liévin. Photo : Jérémy-Günther-Heinz Jähnick, CC By 3.0

Pourquoi ne pas passer commande directement à un artiste contemporain ? Pour cela, une association de Liévinois s’adresse à un musée voisin, le Louvre-Lens : celui-ci promet de les soutenir et de placer cette nouvelle œuvre dans son parc. C’est donc ensemble qu’ils choisissent de faire appel à Françoise Pétrovitch, qui travaille autour de la notion de fragilité dans ses dessins et ses sculptures.

Inspirée par sa rencontre avec le collectif, Pétrovitch imagine un véritable monument citoyen, nommé Tenir.

Portrait de Françoise Pétrovitch. Photo : DR via Instagram

Françoise Pétrovitch, Tenir, 2018, Parc du musée du Louvre-Lens. Photo : Aurélien Mole, DR © Adagp, Paris, 2026

La sculpture en bronze représente en effet le buste d’une jeune femme tenant dans ses bras un petit être renversé, qui pourrait être un doudou en forme de lapin, ou un enfant. Le contraste entre les deux personnages est saisissant. L’une, grande et stable, s’affirme comme une figure protectrice sereine et pleine de détermination. À l’inverse, l’autre, retenu par les jambes, semble vulnérable. Par leur étreinte, ils encouragent les passants à tenir bon et à se soutenir. 

Lorsque les habitants de Liévin découvrent l’œuvre dans l’atelier, ils sont conquis ! L’artiste ne s’est pas apitoyée sur leur sort en créant une représentation misérabiliste. Au contraire, l’œuvre incarne un symbole de solidarité et de résistance face à la précarité.

Françoise Pétrovitch, Tenir, 2018, Parc du musée du Louvre-Lens. Photo : Aurélien Mole, DR © Adagp, Paris, 2026

Son inauguration en 2018, lors de la Journée mondiale du refus de la misère, est un grand moment d’émotion. La statue rend enfin visible une lutte silencieuse et souvent solitaire.

Grâce à elle, les efforts des plus faibles ne passeront plus inaperçus !

Chaîne des commanditaires au moment de l'inauguration de l'œuvre. Photo : Jean Flechel

"Il n’y a pas de résilience sans amour. On ne se relève jamais seul." Boris Cyrulnik

En savoir plus

Sur la démarche de Françoise Pétrovitch (vidéo)

Sur l’histoire de Liévin

Sur d’autres œuvres de Françoise Pétrovitch

Sur un tableau qui prend aussi la défense des opprimés (une anecdote tirée de nos archives)

Raconté par Camille Puaux

Plus d'information sur le rédacteur

Iconographié par Aude Niclas

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