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L’art de ne pas payer ses dettes

Où l’on tente de sauver un tableau de la vente aux enchères.

Johannes Vermeer, Vue des maisons de Delft, ou La Petite Rue, 1658, huile sur toile, 54 x 44 cm, Rijksmuseum, Amsterdam

1676, Delft. Catharina Bolnes est désemparée. Depuis la mort de son mari, le peintre Vermeer, de nombreux créanciers frappent avec insistance à sa porte.

Il faut dire que l’artiste laisse de grosses dettes derrière lui : non seulement il produisait peu, mais en plus les guerres incessantes l’ont empêché de vendre ses toiles durant ses dernières années. Pour maintenir sa famille à flot, il a donc emprunté beaucoup d’argent. 

Catharina refuse de se laisser faire ! Surtout, elle veut sauver le tableau préféré de son mari, celui dont il n’a jamais voulu se séparer. Pour éviter que les créanciers ne s’en emparent pour se rembourser, elle a un plan...
Le tableau en question, c’est L’Art de la peinture. On y voit un atelier d’artiste : le peintre, richement vêtu, tourne le dos au spectateur ; toute son attention est portée sur son modèle. Mais s’agit-il vraiment d’une scène de la vie quotidienne ? Des symboles brouillent le message. Ainsi, la jeune femme porte un livre, une trompette et une couronne de lauriers : elle n’est autre que Clio, la muse de l’Histoire. Vermeer indique peut-être ici que l’histoire inspire des grands artistes. À moins qu’il ne souhaite souligner que ces artistes sont dignes d’entrer dans les livres d’histoire ? 

Si l’interprétation est complexe, une chose est certaine : Vermeer démontre ici son impressionnant savoir-faire, de la représentation des textures à l’utilisation de la perspective. 

Johannes Vermeer, L'Art de la peinture, 1666-1668, huile sur toile, 120 x 100 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne

Détail de l'œuvre

Pour que cette œuvre reste dans la famille, Catharina Bolnes est prête à tout, même à tricher un peu. En 1676, peu avant l’inventaire des biens de son mari, elle se précipite chez le notaire pour donner officiellement la toile à sa mère, Maria Thins. Ainsi, le tableau devrait échapper à l’appétit des créanciers.
Hélas, ces derniers ne sont pas dupes. Il n’est pas question que le patrimoine de Vermeer disparaisse ainsi : L’Art de la peinture est saisi et, malgré les protestations de Maria Thins, sans doute vendu aux enchères... La raison de l’argent a été la plus forte !

Signature de Johannes Vermeer et Catharina Bolnes sur un document légal, 1655

"Ne me parlez pas de mes dettes, à moins que vous ne vouliez les payer." George Herbert

En savoir plus

Sur cette œuvre de Vermeer

Sur la carrière de l’artiste

Sur une redécouverte dans un tableau de Vermeer (une anecdote tirée de nos archives)

Raconté par Adeline Pavie

Plus d'information sur le rédacteur

Iconographié par Aude Niclas

Jeu concours

Image du jeu-concours

Où se trouvent ce château et ses ravissants jardins ?

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