Où l’on découvre une source d’électricité sous tension.
Portrait d'Aristide Bergès
1889, Exposition universelle de Paris. L’ingénieur et industriel AristideBergès attire les foules. C’est qu’en plus d’afficher un air sympathique, il a soigné la présentation de son pavillon !
Il a suspendu une turbine de deux mètres de diamètre au-dessus d’une maquette de sa vallée, en Isère. Avec son installation, il explique comment il est parvenu à produire de l’électricité… à partir d’une chute d’eau.
Ce pionnier avait un coup d'avance, puisqu’on profite toujours du mouvement de l’eau pour générer de l’énergie dans différents types de centrales.
Et pas qu’un peu : l’hydroélectricité est la première source d’électricité renouvelable en France. C’est même 11,4 % de l’électricité totale produite en 2025. Mais si l'invention d’Aristide Bergès est ingénieuse, il y a un gros détail qu'il n'avait pas prévu : le changement climatique !
Car oui, aujourd'hui c’est tout le cycle de l’eau qui est perturbé: le débit des cours d’eau, la période de fonte des glaces, l’intensité et la fréquence des sécheresses et des fortes pluies… ce qui impactera la production d’hydroélectricité, positivement ou négativement.
Il est compliqué d’avoir des prévisions précises, les études anticipent surtout des variations plus importantes selon les saisons et les zones géographiques.
Répartition de la production électrique par filière en France en 2025. Données : RTE
Heureusement, l'hydroélectricité, en plus d'être une énergie renouvelable (elle n'épuise pas de ressource naturelle), a deux atouts majeurs.
Déjà, elle est flexible : l'eau stockée grâce aux barrages, dans les centrales dites "de haute chute", peut être mobilisée rapidement et ces centrales peuvent être facilement mises en route ou arrêtées. Ce qui permet de répondre aux fluctuations de production et de demande. Et de manière plus générale, cette énergie est plus régulière que l'éolien et le solaire, qui sont des sources intermittentes (en fonction du vent et du soleil).
La filière hydroélectrique continue donc de s’adapter, notamment en améliorant ses installations. Et l’intégration des modèles climatiques permet de gérer au mieux le partage de l’eau et les variations futures.
Barrage du lac des Bouillouses, Pyrénées-Orientales, France. Photo : ENGIE / BRUNET ARNAUD
Avec sa flexibilité, l’hydroélectricité a de quoi faire face au changement climatique et sa production moyenne devrait rester stable. Si les conditions sont moins favorables qu’à l’époque d’Aristide Bergès, cette source d’énergie est loin d’être à sec !
"L’eau érode les montagnes et comble les vallées." Léonard de Vinci
En savoir plus 💧
Barrage de Génissiat, Ain, France
Si vous voulez mieux comprendre le fonctionnement des différentes centrales hydrauliques, on vous invite à aller faire un tour sur le site J’apprends l’énergie pour découvrir leurs ressources pédagogiques sur le sujet.
La thématique du changement climatique, indissociable de l’énergie hydraulique comme nous l’avons vu, y est aussi abordée, sous forme de fiches pédagogiques, ou encore de podcasts. Autant d’informations fort utiles pour les professeurs et les élèves de tous niveaux, mais aussi pour toutes celles et ceux qui ont soif d’apprendre !
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