Photos satellite des effets des incendies sur la flore de la Gironde, European Space Agency, 2022
Gironde, été 2022. Sous l’effet du réchauffement climatique, de terribles incendies ravagent la forêt. 7 400 hectares de pins maritimes partent en flammes, bouleversant l’écosystème. Une catastrophe qui va provoquer un changement inattendu pour la faune locale…
Eh oui, pour la première fois depuis des décennies, le courlis cendré revient dans cette zone ! Cette espèce d’oiseau au long bec, emblématique du territoire, a déserté la région depuis le 19e siècle. La lande avait alors été remplacée par une plantation de pins maritimes pour exploiter le bois de manière industrielle.
Courlis cendré. Photo : Ken Billington, 2009
À gauche : Fougères à feuilles isolées, Flore complète illustrée en couleurs de France, Suisse et Belgique, Delachaux et Niestlé, 1985 / À droite : Molinie, Flore d'Allemagne, Autriche et Suisse, Otto Wilhelm, 1885
La raison de cette désertion ? Très gourmands en eau, ces arbres ont changé l’environnement local et l’ont rendu inhospitalier pour le courlis. Car celui-ci apprécie les zones humides et les étendues ouvertes, où il peut surveiller les environs à son aise.
Lorsque les pins disparaissent, tout change. Le terrain retrouve sa flore d’origine, se recouvrant de fougères et de molinie (une herbe des landes). Voilà l’habitat idéal pour les courlis !
Pour autant, ceux-ci restent rares… Alors qu’on en recense une quarantaine dans les Landes, la population actuelle de courlis cendrés dans la seule zone incendiée se compte sur les doigts de la main.
Il faut dire que le développement de l’espèce en Gironde connaît aussi d’autres obstacles. Non seulement l’exploitation du massif forestier altère leur environnement, mais la reprise de la chasse constituerait aussi une menace directe pour ces petites bêtes.
Forêt des Landes. Photo : Larrousiney, 2004
Un défi de taille se pose donc pour les naturalistes et les acteurs économiques : trouver un équilibre entre gestion forestière et préservation animale.
Certains l’ont bien compris et commencent d’ailleurs à coopérer pour protéger au mieux cette espèce. Une piste consiste par exemple à adapter l'exploitation forestière et agricole à la période de nidation du volatile, afin de ne pas compromettre sa reproduction.
En fin de compte, on peut dire que le malheur des pins a au moins fait le bonheur des courlis…
Volée de courlis cendrés dans le delta du Rhin. Photo : Joachim Kohler Brême, 2017
"Qu'y a-t-il de plus beau qu'un oiseau libre qui vole vers le soleil ?" Jean Van Hamme
Et si l'art était l'une des clefs pour préserver nos écosystèmes, la flore, la faune... et l'humain ? L'association NOC ! L'école d'art à l'hôpital accompagne des milliers d'enfants atteints de maladies graves en leur offrant des ateliers artistiques pendant leur parcours de soin. Ces moments de création sont une fenêtre d'évasion, d'espoir et de confiance en soi.
Jusqu'à la fin de l'année, l'exposition "De l'animal protecteur à la protection du vivant" rassemble 80 dessins de ces artistes en herbe au Musée d’Anthropologie Préhistorique de Monaco, qui présentent chacun un regard singulier sur le vivant, sa beauté et sa fragilité.