Où l’on découvre comment faire une fleur à un fleuve sacré.
Gange pollué par les fleurs et les déchets dans la ville de Varanasi, Inde, 2011. Photo : Eric Parker, CC BY-NC 2.0
Bithur, Inde. Comme tous les jours, des centaines de personnes se rendent dans cette ville sainte pour honorer Brahma, le dieu créateur de l’humanité. Et elles ne viennent pas les mains vides !
Les croyants hindouistes accompagnent leurs prières avec de nombreuses offrandes de fleurs. Et quand ces dernières ne sont pas déposées dans le temple, elles finissent leur course dans le Gange. Certes, le spectacle est somptueux... mais il y a un hic.
Chaque année, environ 8 millions de tonnes de fleurs rejoignent les eaux sacrées du fleuve tout le long de son cours. Or, celles-ci ne sont pas aussi inoffensives qu’elles en ont l’air. Avec les engrais, les pesticides et les colorants artificiels qu’elles contiennent, elles représentent environ 16% des polluants du cours d’eau.
Fleurs sur des statues hindoues dans un temple. Photo : Susmoy Dhaka tv
Lanterne sur le Gange. Photo : Manoj Poosam
C’est un problème de taille ! En effet, le Gange est la première ressource d’eau en Inde. S’il est empoisonné, ce sont donc des centaines de millions d’Indiens qui en pâtissent.
Face à ce fléau, l’entreprise Phool a décidé d’agir. Depuis sa création en 2017, elle s’est fixé une mission : récupérer les fleurs et les travailler pour ensuite les transformer en engrais ou en bâtonnets d’encens.
Ces bâtonnets peuvent même être à leur tour utilisés pour honorer les dieux !
Phool met également un point d’honneur à employer des femmes issues de milieux défavorisés pour transformer les fleurs. Grâce à leur emploi au sein de l’usine, les ouvrières gagnent leur propre salaire et bénéficient d’une assurance maladie.
Des employées de l'entreprise Phool, 2024. Photo : Tilt ! via YouTube
Et on peut dire qu’elles ne chôment pas : chaque jour, ces dernières viennent à bout d’environ 7 à 8 tonnes de fleurs à recycler. Grâce à cette initiative, le Gange est donc préservé, les salariées gagnent en autonomie financière et les fidèles peuvent continuer leurs pèlerinages. Bref, c’est un cercle vertueux !
"Quand le puits est sec, on connaît la valeur de l'eau." Benjamin Franklin
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À partir de demain, les compteurs sont remis à zéro, et le concours reprend. Bonne chance à vous !
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