Vue sur le lac-réservoir Saint-Michel depuis le mont Mont Saint-Michel de Brasparts, Monts d'Arrée, Bretagne. Photo : Maud Noël, CC BY 3.0
2025, dans les Montsd’Arrée, en Bretagne. Au petit matin, Clara sort de sa tente et se retrouve nez-à-nez avec… un mouton. Quelle idée, aussi, de bivouaquer à côté d’un troupeau !
Et pourtant, c’est justement tout l’objectif.
En assurant sa présence, elle veille sur le troupeau. Pour le protéger de quoi? Du loup, pardi!
Loup européen. Photo : Nicky Pe
En effet, cet animal a fait son retour dans la région depuis quelques années. S’il ne présente pas de danger pour l’espèce humaine, ce prédateur donne des sueurs froides aux éleveurs, que les pertes peuvent impacter fortement.
Données : Office Français de la Biodiversité, réseau Loup-Lynx OFB et partenaires
Rappelons que le loup est une espèce protégée en Europe, il est interdit de le capturer ou de le tuer. Cependant, en cas de danger avéré pour les troupeaux, des dérogations permettent de tirer, pour l’effrayer ou l’attaquer. Certains sont prêts à sortir les fusils dès qu’un loup pointe le bout de son museau. De quoi générer quelques tensions…
Association Ferus, à l'origine du programme Pastoraloup
C’est pour cela que les défenseurs des animaux prônent des solutions de cohabitation. Clara est bénévole dans le programme Pastoraloup, qui offre un soutien aux bergers et éleveurs volontaires, pour réduire la prédation. En effet, la présence humaine et une activité près des troupeaux suffisent à mettre des loups en fuite.
Dormir avec les bêtes est surtout une mesure d’urgence dans les zones où le loup revient après une longue absence. Des méthodes pérennes existent pour empêcher ou réduire les attaques de loups, avec l’usage de clôtures et le recours à des chiens de protection comme les patous.
D’ailleurs, ce sont ces solutions que l’on retrouve dans les espaces où le loup n’a jamais disparu. Dans le parc national des Abruzzes en Italie, par exemple, les éleveurs ont appris à vivre avec depuis longtemps et s’appuient sur le savoir-faire et les connaissances accumulés au fur des générations.
En offrant leur temps, les bénévoles de Pastoraloup instaurent un dialogue et montrent qu’une alternative pacifique de coexistence entre humains et animaux est possible. Et pour ceux qui ont du mal à trouver le sommeil, ils peuvent toujours compter les moutons !
Un patou gardant un troupeau de moutons, Queyras, France. Photo : Olive Titus
"Quand on parle trop du loup, il finit par l'apprendre." Ambrose Bierce