1840, actuelle Pologne. La jeune allemande Emilie Mayer pose ses bagages dans la ville de Szczecin. Malgré la mer Baltique toute proche, elle n’y vient pourtant pas pour des vacances mais pour un tout nouveau départ…
En effet, à seulement vingt-huit ans, Mayer vient de perdre son père, le seul parent qu’il lui restait. Comme elle est célibataire et que ses frères et sœurs ont quitté le nid, elle se retrouve alors complètement seule. Mais, contre toute attente, elle n’est pas dépitée.
En réalité, Emilie Mayer a une idée un peu folle en tête : tout abandonner pour devenir musicienne et compositrice professionnelle.
Qu’on se rassure, elle ne part quand même pas de nulle part. La jeune fille pratique le piano depuis ses cinq ans, et elle est plutôt douée… Alors, après s’être occupée de son père pendant des années, elle trouve donc le moyen de rebondir et décide de mener des études musicales de haut vol à Szczecin !
Gustav Kemmann, Porte du roi à Szczecin, années 1890
Gravure d'après Ludwig August Most, Portrait de Carl Loewe, fin du 19e siècle
Une fois arrivée là, elle se rend auprès de Carl Loewe, un chanteur et compositeur reconnu à travers toute l’Europe, qui la prend aussitôt sous son aile. Il lui enseigne la culture et la théorie musicale certes, mais en plus, en tant que directeur musical de la ville, il la fait participer à des salons et des concerts.
À ses côtés, Emilie Mayer apprend énormément et se fait un nom. Elle compose même sa première œuvre musicale, Symphonien°1, qui épate Loewe par son architecture musicale déjà très cohérente et son équilibre remarquable. D’ailleurs, cette première composition est si prometteuse que le maître lui demande de quitter la ville… pour rejoindre les plus grands à Berlin !
Cliquez pour découvrir la Symphonien°1 de Emilie Mayer, interprétée par Laurence Equilbey et l'Insula orchestra
Bientôt, l’artiste épouse donc une grande carrière dans la ville allemande, et avec ses multiples symphonies, sonates, quatuors et concertos, devient la compositrice la plus prolifique de son siècle. En voilà une reconversion virtuose !
"J’accepte la plus grande aventure d’être moi." Simone de Beauvoir