Portrait de Angelin Preljocaj. Photo : Ballet Preljocaj, Pavillon Noir, DR
2023. Voilà maintenant plusieurs années que le chorégraphe français Angelin Preljocaj a une idée en tête : monter un grand ballet sur le thème du deuil. Ce sujet lui tient particulièrement à cœur et, hélas, une suite d’événements tragiques vient donner tout son sens au projet.
Cette année-là, l’artiste perd en effet ses parents ainsi que des amis proches. Monter ce ballet devient alors pour lui urgent et nécessaire. Il se lance donc dans l’écriture de cette œuvre ambitieuse en puisant dans son expérience intime… et pas seulement !
En effet, de nombreux musiciens ont déjà composé des "requiems". À l’origine, cette prière catholique est pratiquée lors des messes en hommage aux défunts, sous forme de chants liturgiques. Avec le temps, on y ajoute peu à peu des parties de solistes et on complexifie l’accompagnement orchestral, si bien que les requiems deviennent des pièces musicales à part entière, et pas toujours religieuses !
Angelin Preljocaj se sert donc de ce riche héritage pour sélectionner des extraits musicaux qui font la trame de son ballet.
Partition inachevée du Requiem de Mozart, 1791, Bibliothèque nationale d'Autriche, Vienne, Codex 17561a, folio 1, musique présente dans le ballet Requiem(s)
D’ailleurs, il décide en toute logique de nommer ce dernier Requiem(s), bien sûr ! Et le pluriel n'est pas anodin, car sa sélection est très éclectique...
Ainsi, en intégrant des chants médiévaux traditionnels, le métal hurlant et libérateur du groupe System of a Down, ou encore le requiem solennel de Mozart, ce spectacle permet non seulement de voir l’importance du requiem dans tous les registres, mais aussi les diverses interprétations qu’en ont proposées les musiciens.
System of a Down, Chop Suey!, clip de 2009, musique présente dans le ballet Requiem(s)
Encore mieux, cet ingénieux assemblage permet à Angelin Preljocaj d’évoquer les différents sentiments associés au deuil.
Et bien sûr, la danse contemporaine s’inscrit également au cœur de son travail pour créer des tableaux pleins d’émotion. Résultat : Preljocaj obtient certes un ballet qui parle du deuil, mais surtout qui rend hommage aux disparus et qui célèbre la vie !
"Les êtres aimés ne peuvent pas mourir, car l’amour est immortalité." Emily Dickinson
Cette histoire vous a donné envie de voir à quoi ressemble le ballet Requiem(s) ? Ça tombe bien, ce dernier se produit du 6 au 9 mai 2026 à La Seine Musicale et, vous avez de la chance, il reste encore des places !
Sur scène, dans la magnifique salle de La Seine Musicale, pas moins de 19 interprètes promettent de vous embarquer dans une aventure pleine d’émotions et à la croisée des mondes. Lumières, musiques, chorégraphie et costumes vous feront voyager dans cet univers à la fois intime et universel.
Alors pour ne surtout pas rater cet événement, c’est par ici!