Cliquez pour découvrir la danse Hassapiko, interprétée par Jenny Karezi
1964. Sur le tournage de Zorba le Grec, tout le monde s’affaire. Le réalisateur Michael Cacoyannis veut faire de la scène finale un moment inoubliable pour le public. Il prévoit de faire exécuter aux deux protagonistes un Hassapiko, une danse folklorique grecque aux pas lourds et appuyés. Sauf que juste avant le jour J, l’idée est abandonnée.
Volonté du cinéaste ou blessure d’un acteur ? L’histoire ne le dit pas… Une chose est sûre : il faut trouver une nouvelle danse.
On modifie alors la chorégraphie, qui devient plus lente et légère. Mais bien sûr, il faut aussi adapter la musique ! Le compositeur Míkis Theodorakis imagine alors un air inédit... qui va donner une autre allure à la scène.
En commençant le morceau sur un rythme à quatre temps, qu’il fait accélérer vers un tempo en deux temps, Theodorakis crée un crescendo explosif, sur lequel les pas de danse se synchronisent. La scène finale prend alors un tournant festif, et par la même occasion, le sirtaki est né.
Affiche originale pour Zorba le Grec, réalisé par Michael Cacoyannis, 1964
Cliquez pour découvrir la danse du Sirtaki dans Zerba leGrec, 1964
Contrairement à ce que l’on croit souvent, le sirtaki n’est donc pas une danse traditionnelle ! Malgré cela, il possède quand même des racines plus lointaines.
En effet, soucieux de produire une musique à la fois populaire, symphonique et qui rend hommage à la culture grecque, Míkis Theodorakis puise son inspiration dans des sonorités ancestrales.
On reconnaît ainsi dans le sirtaki les airs joyeux du bouzouki, un des instruments phares du rebetiko, le genre musical grec par excellence !
Aliki Sapountzi, Portrait de MikisTheodorakis dirigeant des répétitions à l'hôtel de ville de Walthamstow, Londres, 27 avril 1970. Photo : Alamy Images
Bouzouki à quatre chœurs. Photo : Arent, CC BY-SA 3.0
À sa sortie au cinéma, la "Danse de Zorba" fait un véritable carton, si bien que le sirtaki est aujourd’hui définitivement adopté par les Grecs. Avec l’image joyeuse de la Grèce qu’il renvoie, et la facilité qu’il y a à le danser lors de soirées festives, pas étonnant qu’il ait rencontré le succès au-delà des salles de projection. Il n’empêche que le résultat dépasse pour sûr les attentes du réalisateur…
"Il faut avoir une musique en soi pour faire danser le monde." Friedrich Nietzsche