Charles Dickens, L'HommeHanté, frontispice de la première édition de 1848
1862, Londres. Pour Noël, la Royal Polytechnic Institution, université scientifique, présente une adaptation théâtrale de L’Homme Hanté de Charles Dickens. Soudain, un frisson parcourt l’audience, qui pousse des cris de surprise… C’est que le fantôme de la pièce semble véritablement transparent. Tellement transparent que l’acteur principal lui passe à travers !
Rassurez-vous, nul esprit frappeur n’a été invoqué, il y a bien un "truc".
Pour comprendre, il faut jeter un coup d’œil sous la scène. Dissimulé dans la fosse d’orchestre, un acteur joue le fantôme, éclairé par un projecteur. Pour le faire apparaître sur scène, tout repose sur un panneau en verre incliné, invisible, posé au bord de la scène.
Illustration : Wapcaplet
Mais comment cela fonctionne ? Eh bien, de manière générale, le verre n’est pas parfaitement transparent : il réfléchit environ 4 % des rayons lumineux qu’il reçoit. Si la luminosité est identique de chaque côté d’une vitre, comme en plein jour, on s’en rend à peine compte.
Par contre, la nuit, quand on regarde l’extérieur sombre depuis une pièce éclairée, les seuls rayons lumineux qui viennent vers l’intérieur sont les rayons réfléchis. La vitre agit comme un miroir.
Dans notre théâtre, l’angle judicieux de la vitre permet de combiner les deux effets. D’une part, elle est transparente et permet de voir la scène depuis le public. D’autre part, elle reflète le fantôme, et le tout se combine aux yeux des spectateurs. L’arrivée du spectre provient du jeu de lumière : sans éclairage il est invisible, son image n’apparaît que lorsqu’il est illuminé par un projecteur ! La magie opère, d’autant plus convaincante que les acteurs sur scène se coordonnent bien avec celui caché.
Cette illusion a pris le nom de "fantôme de Pepper", d’après le nom du directeur de l’université, qui a amélioré et popularisé le procédé. Lui, qui voulait utiliser l’illusion pour vulgariser la physique, a fait salle comble pendant 15 mois ! Aujourd’hui encore, le même subterfuge est parfois utilisé dans des attractions hantées pour continuer de faire frissonner les foules…
Cliquez pour découvrir l'illusion du fantôme de Pepper. Image : La vraie histoire du Fantôme de Pepper, John Henry Pepper, Cassel & Company
"Est-ce que je crois aux fantômes ? Non, mais j’en ai peur." Marie du Deffand
Magie Magie...
Dispositifs optiques, jeux de miroir, électricité, biais psychologiques… Les tours de magie font appel à la science depuis longtemps. Et si un magicien ne révèle jamais ses secrets, les scientifiques, eux, peuvent essayer de les percer !
À travers l’envoûtante exposition-spectacle Magie, arts de l’illusion et approche scientifique s’entremêlent à la Cité des sciences et de l’industrie. Au fil des salles aménagées par plusieurs magiciens et magiciennes, le public est invité à comprendre comment la magie opère sur nos esprits.
L’émerveillement est prévu pour durer jusqu’au 18 juillet 2027. Promis, on ne vous demandera pas d’être volontaire pour être coupé en deux.
Bravo aux gagnants du tirage au sort, Marie F. et Didier S. !
Chacun gagne un livre, des livrets Artips, une conférence en ligne ou un accès illimité à nos parcours culturels en ligne. À partir de demain, les compteurs sont remis à zéro, et le concours reprend. Bonne chance à vous !
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