Où l’on apprend que tous les cœurs ne battent pas à l’unisson.
Clara Spilliaert dans son atelier. Photo : Rob Stevens / KU Leuven
Début 2025. La jeune artiste belgo-japonaise Clara Spilliaert est en plein travail pour un projet avec l'université de Leuven. Sa source d'inspiration ?
Un sujet bien spécifique, auquel elle a commencé à s'intéresser après avoir entendu un chirurgien expliquer qu'il n'y a pas assez de recherche spécifique sur le cœur féminin.
On le sait depuis longtemps déjà : le cœur d’une femme adulte est, en moyenne, plus petit et plus léger que celui d’un homme adulte, avec des artères plus fines.
Mais attention, cela ne veut pas dire qu’il s’agit simplement d’un modèle réduit du cœur masculin, comme on le suppose souvent ! Eh oui, les choses sont un peu plus complexes que cela…
Des recherches récentes font ressortir les multiples différences dans la structure et dans le fonctionnement du cœur des femmes et des hommes.
Poids moyen d'un cœur de femme de 18 à 35 ans vs. poids moyen d'un cœur d'homme de 18 à 35 ans d'après l'étude de S. St. Pierre, M. Peirlinck et E. Kuhl, Sex Matters: A Comprehensive Comparison of Female and Male Hearts, 2022
Les hormones sexuelles - l'œstrogène et la progestérone chez les femmes, la testostérone chez les hommes - ont notamment des effets sur la fréquence cardiaque (nombre de battements du cœur par minute) ou encore la tension artérielle (pression exercée sur les parois des artères par le sang).
Or ces hormones fluctuent beaucoup plus chez les femmes, en particulier sous contraception, pendant une grossesse ou à la ménopause, que chez les hommes, avec des risques particuliers pour leur cœur pendant ces situations.
Les problèmes cardiaques pourraient ainsi avoir des causes différentes chez les hommes ou chez les femmes. Quant aux symptômes, par exemple ceux qui se manifestent lors d’une crise cardiaque, ils ne sont pas les mêmes !
Source : Agir pour le cœur des femmes
Clara Spilliaert, Listen Well, 2025, Grand Béguinage de Leuven. Photo : Marijke 'T Kindt Cette œuvre représente les glandes mammaires, tandis que les autres montrent la peau, les poumons et les vaisseaux sanguins
Malheureusement, toutes ces données ne sont pas encore assez connues et prises en compte ni par les médecins, ni par le grand public. Résultat : les maladies cardiaques ne sont pas aussi bien diagnostiquées chez les patientes, ou trop tard, avec des conséquences graves.
Clara Spilliaert, notre sculptrice, est particulièrement touchée par cette différence de traitement dans la santé des femmes et des hommes. Grâce à son travail, qui dévoile les différentes couches de la poitrine d'une femme (une sorte de scanner artistique !), elle espère interpeller les spectateurs sur les inégalités d’accès à la médecine.
Et pour appuyer son message, elle a choisi d'installer ses quatre œuvres dans le Grand Béguinage de Leuven (Louvain en français), un lieu qui, pendant des siècles, était habité seulement par des femmes…
Aux côtés de Clara Spilliaert, 15 autres artistes contemporains ont collaboré avec des scientifiques de KU Leuven, l’université de Leuven qui fête ses 600 ans, pour donner vie à la toute nouvelle route des arts et des sciences qui traverse la ville.
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