Où l’on découvre qu'une médaille ne règle pas tout.
Octobre 1960. Cassius Clay, que tout le monde appellera bientôt Mohamed Ali, est au bord du fleuve Ohio avec l’un de ses amis. Dans ses mains, il tient sa médaille d’or olympique, obtenue en boxe l’été précédent.
Mohamed Ali avec les athlètes américains médaillés, 1960. Photo : IBA
Ira Rosenberg, Portrait de Mohamed Ali en 1967, Library of Congress, Washington D.C. Photo : DR
Il est si fier de cette récompense qu’il la porte toujours sur lui. "Il dormait avec, raconte son amie, l’athlète Wilma Rudolph. Personne ne chérissait sa médaille autant que lui."
Pourtant, ce jour-là, dans un moment de colère, il la jette dans le fleuve…
Lui qui était si heureux d’avoir fait retentir l’hymne américain aux JO est furieux contre son pays. Il se sent trahi : une serveuse a refusé de le servir dans un restaurant réservé aux blancs, puis il a été violemment jeté dans la rue.
À partir de cette date, il ouvre les yeux et découvre l’ampleur du racisme aux États-Unis.
Quatre ans plus tard, il décroche le titre de champion du monde de boxe catégorie poids lourds. Mais Mohamed Ali mène désormais des matchs tout aussi importants en dehors du ring.
Il devient en effet l’un des combattants les plus impliqués pour les droits civiques, aux côtés de Martin Luther King.
Martin Luther King lors de la marche sur Washington pour le travail et la liberté, le 28 Août 1963. Photo : DR
Quant à sa médaille, personne n’a remis la main dessus. Certains ont mis en doute l’explication d’Ali, l’accusant de l’avoir tout simplement égarée. Mais ce détail de l’histoire est-il vraiment important ? Ce grand champion s'est servi de ce symbole pour dénoncer le racisme dans son pays, voilà ce qu'il faut plutôt retenir de cette anecdote.
Mohamed Ali allumant la flamme Olympique aux Jeux Olympiques d'Atlanta en 1996. Photo : Olympics
C’est en tout cas ce que le Comité olympique des Jeux d’Atlanta a dû penser : invité à allumer la flamme olympique des JO de 1996, Mohamed Ali reçoit une nouvelle médaille d’or à leur clôture.
Une manière de reconnaître symboliquement les discriminations dont il a été victime… et la justesse du combat de sa vie.
"Ali était aux Jeux. Ali était au sommet. Allumant la flamme. Volant comme un papillon, et nous piquant comme une abeille, tous autant que nous étions. " George Vecsey, correspondant du New York Times aux JO d'Atlanta
Racontée par Benjamin Billiet
Iconographiée par Laurine Ladian--Fassi
Jeu concours
Quelle était la hauteur du mont Blanc lors de sa dernière mesure ?